Mis à jour 30-11-2009 17:18
Les éoliennes mieux intégrées au réseau électrique
RTE peut désormais visualiser et prévoir le volume de production des sources d’énergies renouvelables

Le parc éolien d'Avignonet, près de Grenoble
Photo : Aleske/flickr.com
Produire de l’électricité avec des éoliennes, c’est bon pour l’environnement, mais c’est complexe à gérer, car le vent est une source d'énergie aléatoire. Un dispositif d’observation et de prévision de l’ensemble du parc éolien et du futur parc photovoltaïque français a été présenté hier au Centre national d’exploitation du système électrique de Saint-Denis (93), en présence du ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo.
Baptisé IPES (Insersion de la production éolienne et photovoltaïque dans le système), ce nouvel outil permet de visualiser la production d’électricité en temps réel de toutes les éoliennes raccordées au réseau, sous forme de graphique ou de carte. On peut ainsi voir l’intensité du vent et le nombre de mégawatts produits dans chaque région, mais aussi au niveau du site de production. Grâce aux données fournies quatre fois par jour par Meteo France, des prévisions de production peuvent également être effectuées, avec une marge d’erreur de seulement 3% à 24 heures.
Le parc éolien actuel a une puissance installée de 4 300 mégawatts. La majorité des éoliennes (95%) sont raccordées au réseau. L’objectif du Grenelle de l’environnement est d’installer 19 000 mégawatts (MW) en 2020. L’énergie photovoltaïque ne représente pour l’instant que 140 MW, et devrait atteindre 5 400 MW en 2020. Elle est surtout constituée d’installations intégrées aux bâtiments, et donc plus diffuse.
"L’intermittence de l’éolien est un défi à relever", souligne Dominique Maillard, président du directoire de RTE, le réseau de transport d’électricité français. Sa mission est d’assurer en temps réel l’adéquation entre la production et la consommation d’électricité, qui ne peut pas être stockée. Pour cela, une connaissance fine de la production d’éolienne évite les risques de surcharge ou de décharge du réseau.
Dans la salle de contrôle du Centre national d’exploitation du système (CNES), le chiffre de la production d’électricité varie en permanence. Lundi matin, il oscillait autour de 70 800 MW. "Un niveau normal pour une matinée d’hiver, estime Jean-Paul Roubin, directeur délégué du CNES. Une baisse de la température de 1 °C entraîne 2 100 MW de consommation en plus."
Le niveau maximal de consommation, estimé à 75 000 MW, est atteint aux alentours de 19 heures, sous les effets conjugués de l’éclairage, de l’usage domestique (chauffage, préparation des repas) et du secteur tertiaire (transports, bureaux). Ce pic du soir, observé en hiver, est un souci pour RTE. Une étude parlementaire sur la gestion de la pointe de consommation a été confiée au député Serge Poignant et au sénateur Bruno Sido, qui doivent rendre un rapport avant la fin de l’année.
| Risques de délestage La France a été importatrice nette d'électricité en octobre pour la première fois depuis vingt-sept ans en raison d'un grand nombre de réacteurs nucléaires à l'arrêt. Selon Dominique Maillard, patron de RTE, « en période de grand froid (7°C de moins que la moyenne saisonnière), nous serions aux limites physiques d’importation du réseau ». Après avoir porté au maximum les importations d’électricité en provenance des autres pays d’Europe, il faudrait envisager un "délestage sélectif du réseau", c’est-à-dire des coupures de courant volontaires. Mais Dominique Maillard assure qu’il y a "une probabilité de 4%" d’en arriver à cette situation exceptionnelle. |






