Vous êtes spécialiste des diatomées. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces espèces et leur rôle?
Les diatomées sont des organismes microscopiques photosynthétiques qu’on trouve partout où il y a de l’eau et de la lumière. Elles sont responsables d’un cinquième de l’oxygène que nous respirons chaque jour, donc ne les oubliez pas ! Elles sont recouvertes de verre et elles ont des formes morphologiques extrêmement belles comme une dentelle nanoscopique. Certains chercheurs essaient de comprendre comment elles fabriquent cela, pour reproduire ces structures en silice très fines, pour la micro-électronique et pour la biomédecine. Mon laboratoire cherche à mieux comprendre leur rôle dans les océans, leurs origines évolutives et pourquoi elles ont eu tellement de succès sur la Terre.
Après la phase d'observations et de prélévement, que vont devenir les données recueillies par la mission Tara Océans? Qu'attendez-vous de ce projet?
Les données deviendront publiques et les échantillons seront sauvegardés pour les siècles à venir, pour voir comment la vie dans les océans évoluera en conséquence des changements climatiques qui nous attendent. Et moi, je vais essayer de comprendre quel sera l’avenir de nos précieuses diatomées.
Vous êtes "coordinateur scientifique" à bord de Tara. Comment faites-vous coopérer des scientifiques de nationalités et de spécialités différentes?
C’est très complexe. Le problème de la langue maternelle n’est pas important, parce que tout le monde parle anglais à bord. Le problème c’est plutôt le langage des différentes disciplines scientifiques : les biologistes moléculaires et les océanographes ne parlent pas la même langue ! Il faut de la bonne volonté pour apprendre des nouvelles choses avec des yeux différents. Sur le projet Tara Oceans tous les scientifiques, et en fait tous ceux impliqués sur le projet, partage cette vision pour aller plus loin.
Est-ce compliqué de travailler sur un bateau?
Travailler sur Tara n’a rien à voir avec la vie du labo, et rien à voir avec une campagne océanographique classique ! On travaille énormément, on dort très peu, mais comme tout le monde à bord a l’impression de faire quelque chose d’extraordinaire, y compris les marins et les journalistes : c’est un expérience magique.
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Mis à jour 25-11-2009 14:35

Chris Bowler, scientifique britannique spécialiste des diatomées Photo : Fonds Tara
« Les diatomées recouvertes de verre inspirent les chercheurs »
Rencontre avec Chris Bowler, britannique, directeur de recherche au CNRS et coordinateur scientifique sur Tara
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