La rentrée des classes apporte toujours son lot d'inquiétudes aux parents d'élèves. Les problèmes d'inscription, de manuels scolaires sont souvent mis en avant. Mais on parle moins d'une appréhension pourtant répandue chez les parents: le retour de leur enfant à la cantine de l'école. Car après un été passé à la maison, « on renoue avec le stress de savoir si notre enfant est correctement nourri », nous confie une mère de famille attendant son fils à la sortie d'une école du 5e arrondissement de Paris. Le risque d'obésité est ainsi aujourd'hui au premier rang des préoccupations des familles, qui attendent beaucoup des écoles.

Les réponses à ce type d'inquiétudes peuvent être apportées au niveau local, avec les mesures prises par les administrations municipales, mais également au niveau de l'école elle même. Ainsi, chaque établissement est libre de développer sa propre méthode de sensibilisation des élèves. Le collège Bossuet dans le 10e arrondissement a par exemple décidé de placarder à l'entrée du self une fiche d'information claire et détaillée sur la composition de chaque aliment proposé et son rôle dans les besoins nutritionnels quotidiens de l'enfant. La Caisse des écoles, qui est chargée par les mairies de coordonner la restauration collective dans les établissements publics, prend aussi des mesures depuis plusieurs années. A la suppression des distributeurs automatiques de sodas décidée en 2005 s'ajoute, dans le 13e arrondissement notamment, la distribution gratuite par les cantines scolaires de fruits dans la cour de récréation.

« On a pris aujourd'hui l'habitude de mieux contrôler les repas proposés afin d'éviter aliments gras et desserts forts en sucre » explique Marilia, qui travaille pour la Caisse des écoles. Si la volonté d'action semble unanime chez tous les responsables et les parents d'élèves, qu'en pensent donc les enfants? Car les initiatives pour lutter contre l'obésité conduisent souvent à leur proposer une assiette moins alléchante pour ceux-ci. L'école César Franck dans le 2e arrondissement s'est doté d'une cantine dont beaucoup de produits sont issus de l'agriculture biologique. « Les enfants se montrent plutôt curieux devant cette alimentation nouvelle» affirme Marilia. Les élèves semblent faire facilement leur deuil du traditionnel steak-frites, aidés en cela par les cantines qui rivalisent d'imagination pour faire passer la pilule: repas à thèmes, décoration champêtre, petits textes didactiques.

Mais dans la guerre contre l'obésité, l'alimentation n'est pas le seul champ de bataille : promouvoir l'effort physique est un autre enjeu décisif. Et l'école a aussi un rôle à jouer dans ce domaine.

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