Mis à jour 21-10-2009 21:32
Les bancs de la discorde
La mairie a fait procéder à l’enlèvement de trois bancs place Arnaud Bernard. L’objectif est de diminuer les regroupements favorables au trafic de cigarettes et de stupéfiants

Mercredi matin trois agents des services municipaux de la mairie ont déboulonné vers 8h30 trois bancs de la place Arnaud Bernard. Quelques habitants du quartier se sont spontanément assis sur les autres bancs encore rivés au sol empêchant les agents de finir leur mission. « Aujourd’hui les bancs publics servent surtout aux trafiquants de cigarette et de hashish », justifie Jean-Pierre Havrin, adjoint à la sécurité.
Mais l’intervention de la mairie a jeté un vif émoi dans le quartier qui doit vivre depuis deux semaines avec des descentes de police le dimanche matin sur le marché de précaires installé sur la place. « La méthode employée en dit long sur le manque de concertation, la décision a été prise entre la mairie, quelques habitants et des commerçants du quartier », commente Eric un habitant. dans les rangs des commerçants on se félicite de la démarche. « On souhaite que la place retrouve une harmonie et une convivialité», explique Alain Toyes, président de l’association des commerçants d’Arnaud Bernard, tandis qu’Hassan, gérant d’une boucherie, affirme qu’un seul banc pour les personnes âgées suffit. « Sinon ça favorise les regroupements et ça fait fuir les clients ».
Un point de vue que les jeunes installés de l’autre côté de la place ne partagent pas. « Ces bancs sont des lieux de rencontre pour les vieux et les SDF. Si on leur enlève ils iront où ? ». Quand on évoque les questions d’insécurité et de trafic, arguments avancés par la mairie pour le démontage, ils reconnaissent. « Oui les gens viennent vendre des cigarettes sous le manteau mais c’est pour manger, assurent-ils. Si on enlève les bancs on ne fera que déplacer le problème ».






