"Ils auraient aussi bien pu demander que le Pape vienne à Marseille, c'était absurde !" M'jid El Guerrab, l'attaché de presse du groupe socialiste du Sénat, préfère en rire. Le président de ce groupe parlementaire, Jean-Pierre Bel, a vécu jeudi une matinée bien singulière. Retenu de force dans son bureau de Foix par quatre personnes se prétendant d'une association de harkis et menacé par un engin artisanal ressemblant à un explosif, mais qui ne présentait finalement aucun danger.

Deux hommes et deux femmes d'une cinquantaine d'années, se réclamant de la "coordination harkie", avait sollicité un entretien avec le sénateur socialiste. Une fois dans son bureau, ils bloquèrent les issues, le menacèrent de mort, brandirent le fameux engin et firent connaître leurs revendications. "Elles étaient surtout locales, du type faire embaucher des gens au Conseil général ou exiger des logements. Ils demandaient aussi la dissolution de la mission interministérielle consacrée aux harkis", éclaire M. El Guerrab, interrogé par MetroFrance.com.

Amalgames
Toujours selon l'attaché de presse, "ils étaient assez excités. Ils ont voulu mettre un coup de pression." Mais pourquoi s'attaquer spécifiquement à Jean-Pierre Bel ? "Parce que localement, il apparaît comme quelqu'un de puissant. Même si, dans les faits, il n'est qu'un sénateur dans l'opposition. Ils n'ont peut-être pas compris le fonctionnement des institutions républicaines", ironise-t-il. Avant de redevenir plus sérieux : "Ils sont venus avec une fausse bombe, à partir de là, ils n'ont aucun crédit. Pourtant, ça risque de créer des amalgames avec toute la communauté harkie".

"Vous savez, je suis d'origine maghrébine, insiste M. El Guerrab, et dès que trois cons pètent un câble et brûlent une voiture…" L'affaire s'est heureusement terminée sans heurts, le préfet de l'Ariège contacté par Jean-Pierre Bel étant parvenu à convaincre les harkis de le faire sortir du bureau. Les quatre individus ont ensuite été placés en garde à vue par la police sans incident. L'attaché de presse : "C'est un peu bête, ils vont aller en prison… Pour en arriver là, c'est qu'ils étaient vraiment désespérés."