Le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires n’a pas surpris Xavier Denamur. Le très médiatique restaurateur avait reçu en 2009 une lettre de Didier Migaud, président de la Cour des comptes, et à l’époque à la tête de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Celui-ci lui disait déjà qu’il partageait ses “doutes sur la baisse de la TVA dans la restauration”.
C’est que Denamur, propriétaire notamment des Philosophes et de la Belle Hortense à Paris, est loin de cacher son opposition à la mesure. “La TVA à 5,5 % n’a servi à rien : ça n’a pas été bon pour les clients, les patrons ont menti en disant qu’ils redistribuaient 1 milliard d’euros à leurs employés et seuls 8 000 emplois ont vraiment été créés”, nous confiait-il hier.
Pour autant, il ne veut pas d’un simple retour en arrière : “Il ne suffit pas de remonter la TVA s’il n’y a pas de contre-propositions qui aient des effets tangibles sur l’emploi, les prix ou la transparence dans les assiettes. Il vaut mieux la ramener à 19,6 % ou à 25 % et réinvestir l’argent.”
Selon lui, la restauration française est en effet en crise, la faute à une “industrialisation” des assiettes : “On ne mange pas forcément mieux au restaurant que chez soi.” Le trublion promet d’ailleurs qu’il a réinvesti tout l’argent de la baisse de la TVA dans la création d’un film sur la malbouffe à la française.

































