Quarante-huit heures après son arrestation, Kamel Bousselat reste toujours muré dans le silence. Le ravisseur présumé de la jeune Chloé, retrouvée vendredi enfermée dans le coffre d'une voiture en Allemagne, attend toujours son extradition pour la France. Pour l'heure, il reste incarcéré outre-Rhin. "Maintenant qu'il est en détention, la justice allemande doit se prononcer sur le mandat d'arrêt européen que nous avons diffusé, mais je ne sais pas quand : soit elle lui donne un effet immédiat, soit elle attend l'évolution de son enquête", a indiqué samedi le procureur de la République de Nîmes, Robert Gelli.
En attendant, le profil du suspect se dessine peu à peu. Kamel Bousselat, 32 ans, a grandi à Roquemaure, une commune du Gard située à une soixantaine de kilomètre de Barjac, où la jeune Chloé a été enlevée la semaine dernière. A l'âge de seize ans, le jeune homme déménage pour Bagnols-sur-Cèze. C'est là, selon plusieurs témoignages recueillis par les enquêteurs, qu'il aurait eu de « mauvaises fréquentations ». Rapidement, le jeune homme, déjà à la carrure impressionnante, se fait en effet connaître des services de police en s'adonnant à des vols en tout genre, souvent accompagnés de faits de violences.
Des femmes seules agressées en pleine campagne
A partir de 2007, l'homme, sans emploi ni adresse connue, franchi un cap en commettant plusieurs agressions sexuelles, créant alors une véritable psychose dans la région. Face au juge d'instruction chargé de l'affaire, le jeune homme aurait, selon le Journal du Dimanche, demandé à être incarcéré. « Il voulait se retrouver dans un milieu de contrainte pour être soigné efficacement », explique ainsi Me Jean-François Corral, son avocat de l'époque, à l'hebdomadaire. « Il disait qu'il avait besoin de soins psychologiques et médicaux pour contenir les pulsions qui le poussaient à agresser des femmes seules en pleine campagne". Un modus operandi semblable aux conditions d'enlèvement de la jeune Chloé. En 2009, il est finalement condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour six faits d'agressions sexuelles ou tentatives.
Le 14 septembre 2012, Kamel Bousselat avait quitté la prison de Béziers après avoir purgé sa peine. Mais depuis, l'homme, en rupture avec sa famille, ne s'était rendu à aucun rendez-vous pourtant obligatoire de son suivi socio-judiciaire.









































