Quelle est votre mission à bord de Tara ?
J’ai une formation d’ingénieur en mécanique de l’ENIT (Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tarbes). Cela fait maintenant dix ans que je travaille avec des instruments scientifiques sous marins. A bord de Tara je participe au bon fonctionnement des appareils scientifiques mais j’ai surtout embarqué pour valider le bon fonctionnement des planeurs sous marins (gliders).

Comment fonctionne le glider ?
Le glider est un sous-marin d’un genre un peu particulier : il n’a pas de propulseur. Il possède par contre un ballast qui lui permet de couler ou de flotter à sa convenance ; ses ailes lui confèrent une portance et le glider avance ainsi tel un planeur et effectuant des trajectoires en dent de scie entre la surface et 1000 mètres de profondeur. Lors de ses plongées il enregistre les paramètres physiques et biologiques sur toute la colonne d’eau. Ce mode de propulsion est lent mais très économe en énergie, le glider peut avancer de 25 km par jour (vitesse d’un piéton) pendant plus de 3 mois. Il communique par satellite et permet à nos équipes à terre de le piloter et de récupérer les données scientifiques acquises à chaque fois qu’il revient en surface.

Quelles sont les difficultés techniques de ces appareils ?
Ces planeurs doivent être préparés avec le plus grand soin pour « voler » parfaitement dans l’océan. Véritables robots sous marins, ils évoluent dans un environnement agressif (sel, grande pression lors des plongées, vagues lors des transmissions à la surface…). Deux des six gliders dans la zone ont enclenché leur mode de détresse à cause de voies d’eau et nous avons pu les récupérer grâce à la présence de Tara. Les appareils sont intacts, il n’y a que quelques gouttes à l’intérieur. Nous espérons les remettre dans l’eau d’ici quelques jours.

Quelle est l’utilité des gliders pour la mission Tara océans ?
Ces instruments ont été déployés pour étudier une zone au sud de Chypre dans le cadre d’un projet de recherche international (France, Chypre, Italie). L’objectif est de combiner de manière optimale les mesures collectées par ces planeurs qui quadrillent la zone, et les mesures effectuées à bord de Tara. Après le départ de Tara, les planeurs resterons dans cette zone pour mesurer son évolution pendant encore deux mois et pouvoir élargir les résultats. Les routes de Tara et des gliders se recroiseront sûrement.