Le Bangladesh va-t-il se trouver sous l’eau en raison du réchauffement climatique ? Pas si sûr.  Une étude publiée jeudi par la banque de développement asiatique contredit les prévisions alarmistes du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat.

Le rôle clé des sédiments
Selon le dernier rapport du Giec, une hausse d’un mètre du niveau de la mer inonderait 17% du Bangladesh et provoquerait la migration de 20 millions de personnes. Mais l’étude publiée jeudi affirme que le littoral pourrait rester intact, grâce au milliard de tonnes de sédiments charriés par les rivières de l’Himalaya. Même si les phénomènes d’inondations changent en raison du réchauffement, les côtes auraient la possibilité, grâce à ces sédiments de s’ajuster à la hausse du niveau de la mer.

L'"erreur" de l'Himalaya
Ce n’est pas la première fois que le rapport du Giec est mis en cause. Une erreur sur la date de fonte de l’Himalaya avait fait couler beaucoup d’encre et alimenté les thèses des climatosceptiques. Le préident du Giec, Rajendra Pachauri, avait été contraint d’admettre une "regrettable erreur".

L'étude sera reprise par le Giec
Concernant le Bangladesh, Pachauri a déclaré à l’AFP : "On ne peut pas parvenir à des conclusions sur la base d'une seule étude. Le Giec examine une série de publications avant d'avoir une vision objective de ce qui risque de se produire." Il affirme toutefois qu’il prendra en compte cette nouvelle information dans le prochain rapport du Giec.

Une "question complexe"
Pour Hervé Le Treut, climatologue français et membre du Giec, "plus on s’éloignera de 2007 (date de publication du rapport du Giec, ndlr), plus on aura des décalages de ce type. Il faut repréciser les études". Le scientifique français admet que "la question des lignes de côte est très complexe" mais que ce rapport ne remet pas en cause les conclusions générales sur la réalité du réchauffement.