Hospitalisé depuis quelques jours à l'hôpital d'Aubenas, dans son Ardèche chérie qu'il a notamment célébrée dans la chanson "La montagne", l'auteur-compositeur-interprète Jean Tenenbaum, alias Jean Ferrat s'est éteint ce samedi des suites d’une longue maladie.

Cadet des quatre enfants d'une humble famille juive émigrée de Russie, Jean Ferrat est né le 26 décembre 1930 à Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine.

Alors qu'il était lycéen, à l'âge de onze ans, il a perdu son père, déporté à Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale. Un épisode tragique de l'Histoire qu'il évoquera vingt ans plus tard en chanson, dans le fameux "Nuit et brouillard".

Lui-même sauvé de la déportation par des militants communistes, Jean Ferrat a fait route un temps aux côtés du PCF, mais sans jamais en prendre la carte, ni accepter la ligne pro Moscou.

Tout comme il a chanté à maintes reprises les "Camarades" et son idéal révolutionnaire, et ce, au-delà des années 80, le poète militant a toujours dénoncé avec virulence les "Staliniens zélés", notamment dans sa chanson "Le bilan".

Néanmoins resté fidèle à ses idées, il s'était prononcé en faveur de la liste ardéchoise du Front de Gauche pour les élections de ce dimanche 14 février 2010.

Globalement ignoré des radios, notamment du fait de ses prises de position politique, Jean Ferrat n'en a pas moins connu un immense succès populaire, en particulier pour des chansons d'amour telles que "L'amour est cerise" ou "Aimer à perdre la raison".

Lauréat du prix Charles Cros en 1963 et trente ans plus tard du grand prix de la SACEM, il laisse derrière lui un répertoire de quelque 200 textes engagés, amoureux ou tout à fait légers, et quelques-unes des plus belles mises en musique d'Aragon.

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