Depuis plusieurs mois, les producteurs laitiers européens multiplient les actions pour dénoncer la baisse du prix du lait qui leur est payé. Ce week-end à Lyon, des éleveurs ont ainsi vendu aux passants leurs produits à prix cassé pour sensibiliser à la grave crise qu’ils traversent. Et ils pourraient aller plus loin : jamais la menace d’une grève n’a été aussi précise.
Regards vers Bruxelles
Tous les regards étaient braqués hier sur Bruxelles, où les ministres européens de l'Agriculture étudiaient une proposition franco-allemande visant à introduire une nouvelle régulation du secteur. Les espoirs ont été déçus. Alors que quatorze pays ont rejoint la France et l’Allemagne, les autres ont farouchement défendu la libéralisation. Et la Commission européenne est restée inflexible : il n’y aura pas de gel des quotas laitiers avant leur disparition en 2015.
Face à cette impasse, les éleveurs sont déterminés. « Aujourd'hui, 30% des producteurs européens sont en grande difficulté, et 65% vont l’être très vite, assure Pascal Massol, président de l’association des producteurs de lait indépendants. On produit trop de lait donc les prix s’écroulent. Puisqu'’on n’arrive pas à se faire entendre, on va arrêter la machine. » Son mouvement participera après-demain à la réunion de l’EMB, organisation qui réunit plus de 100 000 producteurs européens, pour décider du déclenchement d’une grève. Une issue souhaitée également par l'OPL, qui regroupe 20% des producteurs français, et soutenue par la confédération paysanne. Mais la grève divise dans l'hexagone. La FNSEA, syndicat majoritaire, juge que ce serait « une aberration » face aux difficultés du secteur.
































