Selon les associations, les syndicats et les partis de gauche qui appelaient à la mobilisation ce samedi 4 septembre, au moins 100.000 personnes ont manifesté en France et en Europe contre la politique sécuritaire récemment mise en oeuvre par le gouvernement français, qu'ils jugent antirépublicaine et xénophobe, notamment à l'égard des Roms, évacués de leurs campements et pour un millier d'entre eux reconduits à la frontière.
Comme toujours en pareilles circonstances, les estimations du ministère de l'Intérieur sont sensiblement inférieures, ainsi les services de Brice Hortefeux n'ont recensé que 77.300 manifestants, en plus de 130 rassemblements, le ministre estimant qu'il s'agissait "sans aucun doute d'une déception pour leurs organisateurs".
A Paris, après une manifestation en chanson au pied du ministère de l'Immigration (lire "Laissez brûler, les p'tits papiers"), selon les deux mêmes sources 50.000 ou 12.000 personnes ont défilé depuis la place de la République, derrière les familles roms de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), dont le campement a été rasé le 12 août dernier.
Entre autres responsables d'associations, de syndicats et de partis politique de gauche présents dans le cortège, le maire de Paris Bertrand Delanoë a déclaré à l'AFP : "c'est pour moi une journée de combat contre le racisme et la xénophobie : il faut se battre contre tout ce qui divise la société".
Comme lui, Marie-George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Cécile Duflot (les Verts), Bernard Thibault (CGT), Olivier Besancenot (NPA) ou encore Corinne Lepage, l'eurodéputée et ex-ministre de l'Environnement du gouvernement Juppé, ont battu le pavé ce samedi.
Du côté de l'UMP, tandis qu'Eric Ciotti, le secrétaire national du parti en charge de la sécurité a dénoncé "une complaisance coupable à l'égard de ceux qui bafouent les lois de la République", dans son communiqué le ministre de l'Intérieur a affirmé qu'il poursuivrait son "action déterminée pour faire reculer toutes les formes de délinquance, défendre les droits des victimes et ce, sans jamais stigmatiser quelque communauté que ce soit".
Ailleurs en France, toujours en fonction des sources de 5.000 à 10.000 personnes ont manifesté à Nantes derrière une banderole "Vivre ensemble libres, égaux et solidaires", de 1.200 à 3.500 personnes ont défilé à Bordeaux sous la bannière "Halte au racisme - liberté, égalité, fraternité en danger", de 4.500 à 7.500 ont arpenté les rues de Lyon et au moins un millier de manifestants toulousains se sont retrouvés derrière le slogan "Auvergnats, Maghrébins, nous sommes citoyens".
Enfin, à l'étranger, notamment en Italie, en Espagne et en Belgique, des rassemblements ont eu lieu devant les représentations françaises, notamment à Bruxelles où des Roms arboraient ironiquement des banderoles "Sarkozy : Voulez-vous acheter un Rom ? 300 euros l'adulte, 100 euros l'enfant" en référence aux montants des aides au retour.
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