Il est assez classique que, comme Nicolas Sarkozy aujourd’hui, les présidents soient dans un creux de popularité à mi-mandat : Jacques Chirac et François Mitterrand ont connu des situations similaires. La question est de savoir si le chef de l’Etat, dans un contexte économique qui va rester compliqué pendant quelques mois encore, sera capable de rebondir dans la seconde partie de son quinquennat. Ce qui est inquiétant pour lui, c’est que c’est la deuxième fois, après les critiques qui lui avaient été faites fin 2007 de trop privilégier sa vie privée, qu’on assiste à une chute de sa popularité sur des affaires "personnelles". Cela peut laisser à terme des traces dans l’opinion sur sa manière d’exercer le pouvoir.

Les régionales de mars, dernière grande élection nationale avant 2012, constitueront un véritable test. Il y a toujours un risque, quand vous êtes dans une période de forte impopularité, qu’un tel scrutin tourne à une sorte de referendum pour ou contre le pouvoir en place. Deux choses sont importantes si Nicolas Sarkozy veut rassurer l’électorat de droite : qu'il continue de donner le sentiment qu’il est un président qui agit et qu’il remette un peu de cohérence dans l’action gouvernementale.

Certes, l’opposition peut bénéficier du mécontentement à l’égard du chef de l’Etat. Mais on voit dans notre sondage que le PS ne convainc pas les Français de sa rénovation. Bien sûr, cela ne fait qu’un an que Martine Aubry a entamé ce travail de longue haleine, mais cette perplexité est un signal d’alerte pour les socialistes : les mouvements d’humeur contre Nicolas Sarkozy ne suffiront pas pour l’emporter en 2012. On est encore loin d’avoir un parti en ordre de marche, avec un projet capable de susciter l’adhésion des Français. Le PS est prévenu : il n'a plus beaucoup de temps à perdre.