Excusez du peu. La garde civile espagnole, en collaboration avec le FBI, a annoncé mercredi avoir démantelé le plus important réseau mondial d'ordinateurs piratés, à savoir rien de moins que 13 millions de machines. Un chiffre qui contraste avec le nombre de dirigeants de ce réseau : trois Espagnols, qui ont donc été interpellés. Ils utilisaient un virus capable de voler des numéros de cartes de crédit et autres données confidentielles.

Le réseau en question, qui a fait des victimes dans 190 pays à travers dans le monde, portait le joli nom de "Mariposa" ("Papillon", en Espagnol). Le virus utilisé a infecté plus de la moitié des 1000 plus grandes sociétés de la planète, sans compter au moins 40 institutions financières de premier plan, des organismes publics et même des particuliers. Les chiffres viennent des firmes de sécurité sur internet qui ont aidé la police espagnole dans son enquête : Defence Intelligence au Canada et Panda Security en Espagne.

"Ordinateurs zombies"
Concrètement, le virus était configuré pour collecter des données confidentielles, notamment bancaires, dans les ordinateurs infectés, ou "zombies" dans le jargon des pirates. Il les envoyait ensuite à un "centre de commandement et de contrôle" afin de les stocker. Sur l'ordinateur du responsable de l'organisation, arrêté au Pays Basque espagnol en février, figuraient déjà des informations personnelles de plus de 800 000 personnes.

L'homme en question vivait en louant ces "ordinateurs esclaves" à des tiers. Juste après avoir arrêté les trois complices, le commandant de la garde civile Juan Salom, en charge de l'enquête, s'est exprimé lors d'une conférence de presse à Madrid. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a paru rassuré : "Nous avons de la chance que ce réseau soit entre les mains d'une personne qui n'était pas consciente de son potentiel délictuel."