Quel est votre mission à bord de Tara?
Titulaire d'un doctorat en océanographie biologique, je suis chercheur au CNRS depuis 2007 à la station de biologie marine de Roscoff. Je fais partie du consortium de scientifiques coordonné par Colomban De Vargas qui va analyser les protistes tout au long de l'expédition Tara Océans.
Dans le cadre de l'expédition, je coordonne la mise en place des protocoles d'échantillonnage pour la biologie à bord de Tara.
Tara navigue actuellement en mer Rouge. Quelle est la spécificité de cette zone?
La mer Rouge est une mer fermée, disposant d'une seule entrée d'eau par le sud, via le détroit de Bab-El-Mandeb. C'est une mer chaude et particulièrement salée qui agit comme un bassin d'évaporation, un peu à l'image de la Méditerranée, mais à une autre échelle. L'eau entrant par le détroit de Bab El Mandeb favorise l'apport de sels nutritifs qui va ensuite s'appauvrissant lorsque l'on remonte vers le nord. Elle est liée à la Méditerranée par le canal de Suez qui est une des voies maritimes les plus empruntées au monde, c'est pourquoi nous avons effectué d'abord une station au nord, près du canal afin d'en mesurer l 'éventuelle portée sur l'écosystème.
Qu'allez-vous étudier en particulier?
Les relations de symbiose entre deux protistes qui sont une algue et son hôte. Les hôtes sont des radiolaires et des foraminifères, qui hébergent en leur sein des algues que l'on appelle zooxanthelles, plus précisément de l'espèce des Pelagodinium.
Plus généralement, je vais me consacrer en Mer Rouge à l'étude de la diversité des protistes selon leur classification par taille, en fonction des différents écosystèmes rencontrés. Dans le cadre de l'expédition Tara, la même démarche est appliquée au zooplancton, aux bactéries et aux virus.
Quel est le programme de votre semaine?
Compte tenu des conditions météo, notre départ de Jeddah a été un peu retardé par un tempête de sable. Pour arriver à temps à Djibouti, nous avons fait le choix de supprimer certaines stations, pour se concentrer sur une station choisie où nous allons faire un échantillonnage exhaustif qui utilisera tous les moyens disponibles à bord de Tara: Sonde CTD, filets à plancton, pompe en surface et en profondeur, système de fractionnement de taille du plancton, systèmes de mesure en continu dans le labo sec et microscopie automatisée.
A cause des risques éventuels de piraterie au large du Yémen, nous ferons ensuite route sans nous arrêter jusqu'à Djibouti.
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Mis à jour 25-01-2010 16:22

Fabrice Not à bord de Tara Photo : David Sauveur/fonds Tara
"La mer Rouge, un bassin d'évaporation"
Fabrice Not est chef scientifique à bord de Tara entre Charm-El-Cheick et Djibouti.
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