Face à la pandémie mondiale de grippe A-H1N1 apparue au Mexique en mars dernier, la France avait vu les choses en grand et commandé pas moins de 94 millions de vaccins, à quatre laboratoires pharmaceutiques distincts.

De quoi injecter une double dose à une bonne partie des quelque 63 millions de Français.

Il faut dire qu'à l'époque, "on était parti sur un schéma de vaccination à deux doses" explique un porte-parole du ministère de la Santé.

Fin novembre, il était néanmoins établi qu'une dose unique offre une protection suffisante contre le virus. Ainsi, le ministère se retrouvait avec une bonne trentaine de millions de dosettes en trop.

Un excédent qui pourrait atteindre d'autres sommets, vu le succès très relatif de la campagne de vaccination massive. A ce jour, près de cinq millions de personnes auraient franchi le pas, et c'est déjà beaucoup mieux qu'en Allemagne, où seule 5% de la population a tendu le bras.

Pour alléger la facture d'un montant de 869 millions d'euros, le ministère de la Santé vient de confirmer la revente d'une partie du surplus.

"Dès lors qu'une seule dose suffit, on peut se permettre de revendre une partie du stock" a indiqué le responsable du ministère de la Santé.

Outre les 9 millions de doses offertes à l'Organisation mondiale de la santé en septembre dernier, au bénéfice des pays les plus pauvres, la France cherche désormais à écouler son surstock auprès des états moins bien lotis en vaccins.

Le ministère a ainsi vendu 300.000 doses au Qatar, et serait tout près de conclure avec l'Egypte pour 2 millions de doses, à prix coûtant selon le Parisien, soit 7 euros l'unité, mais le ministère s'est refusé à commenter.

Des négociations seraient également en cours avec le Mexique et l'Ukraine, mais la France n'est pas seule sur le marché, concurrencée notamment par l'Allemagne, et par les Pays-Bas qui ont pas moins de 19 millions de vaccins à écouler.