Plus de trois mille affiches déployées dans les rues de Paris avec un message adressé à Nicolas Sarkozy: "L’abus de beaux discours sans actes est fatal pour les forêts et le climat"
C’est le dernier "coup d’éclat" de Greenpeace France avant la fin du sommet de Copenhague. Aujourd’hui, le président de la République, le Premier ministre britannique Gordon Brown et onze chefs d’Etat africains se réunissent pour évoquer l’avenir des forêts tropicales du bassin du Congo.
"La question de la réduction de la déforestation est un des enjeux majeurs de Copenhague, explique Jérôme Frignet, chargé de campagne Forêts. Dans la mesure où Nicolas Sarkozy a fait de l’activisme sur ce sujet, à Manaus, en recevant le président indonésien, en organisant cette réunion, on lui demande des actes."
Un problème financier
La déforestation représente environ 20% des émissions de gaz à effet de serre mondiales, mais c’est aussi le levier le plus simple de baisse du CO2. Les forêts principales (bassin amazonien, bassin du Congo, Indonésie, Papouasie) se trouvent dans des pays en développement, qui ne peuvent protéger la forêt qu’en échange d’un soutien financier important.
"Sarkozy et Brown ont admis la semaine dernière que le financement devait provenir des pays industrialisés. La question est maintenant de savoir comment et à quelle hauteur." L’Union européenne estime qu’il faudrait baisser de 50% la déforestation à l’horizon 2020, ce qui coûterait entre 15 et 25 milliards de dollars par an.
"Le marché carbone est inadapté"
Deux solutions s’affrontent : la création d’un fonds mondial géré par les Nations unies, ou le recours aux marchés de carbone. Il s’agirait pour des entreprises d’investir dans la protection d’une partie de forêt, en échange de crédits carbone les autorisant à dépasser leur quota d’émission. Une mauvaise idée, selon Jérôme Frignet : "Le marché carbone est adapté à l’industrie, pas à un milieu vivant comme la forêt. Si on protège 1 000 hectares, cela ne fait que déplacer le problème de la déforestation. Les exploitants forestiers iront plus loin."
Greenpeace récuse aussi cette vision unidimensionnelle des forêts tropicales : "Il ne faut pas les protéger uniquement pour des questions climatiques. Ce sont aussi des écosystèmes, le premier réservoir de biodiversité terrestre et un endroit où vivent des milliers de personnes."


































