La mission d’information de l’Assemblée nationale sur le port du voile intégral, présidée par le député communiste André Gerin, a présenté ce mardi son rapport, avant qu’il ne soit adopté de justesse. Ce rapport, composé de dix-huit préconisations, propose notamment de faire du port de la burqa un frein à la délivrance ou au renouvellement des cartes de séjour et d’utiliser
des dispositifs de protection pour les femmes contraintes par leur mari de porter le voile intégral.


Mais la mesure la plus importante reste l’adoption d’une disposition “interdisant de dissimuler son visage dans les services publics”, faute de quoi les personnes concernées pourraient ne pas percevoir les prestations souhaitées. Une proposition raillée par Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, qui souligne que “pour accomplir n’importe quelle démarche, on est déjà obligé d’avoir le visage découvert”, et que ce rapport “enfonce des portes ouvertes”.


Même ton moqueur pour le patron des députés UMP, Jean-François Copé qui, sitôt le rapport publié, s’est demandé comment ils allaient “expliquer qu’une interdiction soit plus constitutionnelle à l’hôpital que dans la rue”. Un avis partagé par certains parlementaires UMP, membres de la mission, qui ont vu en cette mesure une “demi-loi” alors qu’ils souhaitent une interdiction générale de la burqa.


De son côté, le PS, qui rejette unanimement le voile intégral mais qui reste divisé sur une prohibition totale, a boycotté le vote pour protester contre ce qu’il appelle “une loi de circonstance” et un débat “pollué par celui sur l’identité nationale”.