Sonnette d’alarme pour la Baltique. Les neuf pays riverains (Russie, Finlande, Danemark, Suède, Lettonie, Lituanie, Estonie, Pologne et Allemagne) se réunissent mercredi 10 février à Helsinki pour trouver des solutions à la très forte pollution de cette mer de 450 000 km2. Une série de 130 mesures ont déjà été proposées mais ne sont pas encore mises en œuvre.
La mer Baltique cumule les handicaps :
- Par sa configuration, quasi fermée, la Baltique n’a que très peu d’échanges avec l’Atlantique Nord. La pollution peut donc y subsister entre vingt-cinq et trente ans. Les eaux froides, et glacées une partie de l’hiver, ralentissent la biodégradation de la pollution.
- Cette mer est aussi l’une des zones de transport maritime les plus denses, ce qui l’expose à des rejets illicites d’hydrocarbures.
- La Baltique est aussi très imprégnée de produits toxiques. Selon une étude du WWF, datant de 2005, les poissons sont contaminés : le taux de retardateurs de flamme bromée dans la chair des harengs y est cinquante fois plus élevé que dans l’Atlantique. Depuis 1995, la Suède conseille aux femmes enceintes de ne pas consommer de saumon ou de hareng de la baltique.
- Les rejets agricoles et les eaux usées provoquent une eutrophisation de la mer, c’est-à-dire un enrichissement du milieu qui limite l’oxygénation en eaux profondes.
- Enfin se pose la question des rejets militaires et nucléaires (munitions, obus, substances toxiques) datant de la Seconde Guerre mondiale ou plus récents. Un documentaire de la télévision suédoise SVT a affirmé que l’armée russe avait rejeté des substances toxiques dans la Baltique au début des années 1990. "C'est un délire complet, une provocation", a réagi l'amiral Vladimir Egorov, ancien commandant de la Flotte russe de la Baltique à l’agence Interfax.
- Les inquiétudes sur la pollution de la Baltique se sont cristallisées autour du gazoduc Nord Stream, qui doit passer à travers 1 200 km de fonds marins. Un appel contre ce projet avait été lancé en août 2008.
La pollution de la Baltique concerne près de 90 millions de personnes. Plus de 350 délégués sont attendus au sommet. Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, sera présent, ainsi que les présidents de Lettonie et de Lituanie et le roi de Suède, et les premier ministres des autres Etats. Seuls l’Allemagne et la Pologne n’ont pas envoyé d’émissaires au plus haut niveau.




































