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Mis à jour 30-01-2010 12:05

L'imam de Drancy conspué dans "sa" mosquée

L'imam Hassen Chalghoumi qui s'était prononcé pour l'interdiction de la Burqa a dû fuir la mosquée de Drancy sous escorte policière.

Face aux centaines de musulmans pratiquants réunis à la mosquée de Drancy (Seinte-Saint-Denis) pour la grande prière du vendredi, Hassen Chalghoumi, le président de l'association culturelle qui gère les lieux a tenté ce soir d'expliquer ses récentes prises de position, notamment à l'encontre de la burqa (lire "un imam contre la burqua").

Lundi dernier, en ce même lieu, il aurait violemment été pris à partie par quelque quatre-vingts personnes, qui lui reprochaient ses bonnes relations avec la communauté juive et surtout des déclarations au journal le Parisien dans lequel il avait estimé que le voile intégral est "une prison pour les femmes, un outil de domination sexiste et d'embrigadement islamiste."

Menaces de mort ou calomnie ?
Mardi, on apprenait que l’imam, inquiet pour sa vie, avait déposé une plainte contre X suite à l'intrusion de ce commando et aux menaces de mort proférées à son encontre.

Selon Jean-Christophe Lagarde, le député-maire de la ville, des intégristes auraient en effet "essayé d'intimider à la fois l'imam et les pratiquants qui se trouvaient là" avant de repartir. Non sans avoir provoqué une bousculade pour accéder au micro, et traité Hassen Chalghoumi de "mécréant, "d'apostat", et lui promettant de "liquider son cas" (lire "l'imam de Drancy agressé").

Dans le même temps, deux plaintes ont été déposées contre lui pour "dénonciation calomnieuse" par certains des fidèles qui refusent de voir en lui l'imam de Drancy, une autorité religieuse, mais simplement le président "administratif" de l'association "Al-Nour" (la lumière). Et de demander sa démission...

Les explications de l'imam
Revenant sur ces faits, qui lui ont valu d'être reçu au ministère de l'Intérieur, au même micro, l'imam a expliqué qu'il n'avait "pas déposé de plainte, mais rempli une main courante", invitant à consulter le commissaire de police présent à ses côtés pour le vérifier.

Le débat entre l'imam et ses opposants a repris après la prière. Tandis que Chalghoumi affirmait que ses propos sur la burqa et une éventuelle loi l'interdisant avaient été déformés par les médias, les "menteurs" et autres insultes fusaient.

L'imam s'est par ailleurs défendu avoir "parlé au nom des musulmans", ce que lui reproche par exemple Yacine, l'un des fidèles accusés de s'être introduits de force dans la mosquée mardi.

Un dialogue de sourds
Ce jeune homme a déclaré : "on n'était pas un commando. Ca c'est passé dans le calme. On est venu demander au frère Hassen des explications sur ses prises de position. On voulait lui demander de ne pas s'exprimer au nom des musulmans de Drancy, car tous n'ont pas la même opinion sur le port du niqab".

Sous les insultes, Hassen Chalghoumi a alors mis fin au dialogue de sourds, et a quitté la mosquée comme il était arrivé, sous la protection de policiers. L'occasion d'une dernière invective pour ses détracteurs qui dans une pétition tournant aux abords du lieu de culte, clamaient ne pas reconnaître "l'imamat de quelqu'un qui arrive accompagné de gardes du corps".

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