C'est dans une vidéo envoyée dimanche au journal basque Gara et à la BBC, que l'organisation indépendantiste basque ETA s’engage "à trouver une solution démocratique au conflit". "Ces derniers temps, le Pays Basque se trouve à un moment important, à un carrefour”, déclare la voix - qui semble être celle d'une femme - d'un des trois militants encagoulés présents sur cet enregistrement. L'ETA "ne mènera pas d’actions offensives armées" dans le cadre de son action pour l'indépendance du Pays Basque, ajoute le groupe.
Prudence du gouvernement espagnol
Un cessez-le-feu qui ne précise cependant pas s’il est temporaire ou définitif : "si le gouvernement de l'Espagne le veut, ETA est disposé, aujourd'hui comme hier, à convenir des conditions démocratiques minimales nécessaires pour entreprendre le processus démocratique.", indique le mouvement séparatiste. D'où la prudence du ministère espagnol de l'Intérieur, qui se refusait dimanche soir encore, a tout commentaire.
Mais selon les médias espagnols, le gouvernement se montrerait "sceptique". La dernière trêve remonte à 2006. Le processus de paix semblait alors engagé mais le Premier ministre, José Luis Zapatero, avait rompu les négociations quelques mois plus tard, après un attentat à l'aéroport de Madrid qui avait fait deux victimes. En juin 2007, l'ETA annonçait la rupture définitive du cessez-le-feu.
"Insuffisant"
Cette déclaration ne révèle "ni remise d’armes, ni fin de la violence", écrit le quotidien El Pais citant des sources antiterroristes. Première voix officielle à réagir, le ministre de l'Intérieur du gouvernement régional basque, Rodolfo Ares, qui juge l'annonce "absolument insuffisante", tout comme Leire Pajin, numéro trois du parti socialiste (PSOE), qui demande l'abandon "des armes une fois pour toutes".
Même son de cloche au sein des autres partis espagnols. "La déclaration que nous souhaitons, c'est une dissolution définitive", a indiqué Antonio Basagoiti, président du Parti populaire au Pays Basque (principal parti d'opposition). Il estime que cette annonce "a tous les aspects d'un mouvement tactique".
Batasuna veut revenir sur la scène politique
En 2011, auront lieu les élections municipales basques durant lesquelles Batasuna, le parti radical indépendantiste, considéré comme vitrine politique d'ETA et interdit d'activité en Espagne depuis 2003, entend à nouveau jouer un rôle. Au côté d'Eusko Alkartasuna (EA), parti (non-violent) nationaliste basque avec qui il s'est allié en juin, les deux formations devraient demander un "cessez-le-feu permanent de l'ETA sous vérification internationale".
Au mois de juillet, Zapatero avait déclaré que l'ETA "n'avait qu'un seul destin: déposer les armes et sans aucune condition". Depuis un an, l'organisation n'a pas commis d'attentats mais un dernier homicide au mois de mars, à Dammarie-les-Lys, où un policier français avait trouvé la mort, lui est imputé.
La tête du mouvement décapitée à plusieurs reprises
Ces dernières années, les différents coups de filet ont affaibli l'organisation. En février, Ibon Gogeascoechea, présenté par Madrid comme le chef militaire du mouvement, est arrêté en Basse-Normandie avec deux autres etarras présumés. En mai, c'est son successeur présumé, Mikel Kabitokoitz Karrera Sarobe dit "Ata", qui est interpellé à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).
Depuis le début de l'année, 68 membres présumés de l'organisation ont été arrêtés en Europe. L'organisation indépendantiste basque, créée en 1959 et considérée comme mouvement terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis, est tenu pour responsable de la mort de 829 personnes.










































