Le rocambolesque parcours de l’un des escrocs les plus connus de France vient de prendre fin. Philippe Berre, l'homme qui a inspiré le film A l’origine a été interpellé dimanche dernier, dans la petite commune de Charron (Charente-Maritime).
Un scénario sans scrupules
Après le désastre provoqué par la tempête Xynthia dans l'ouest de la France, l’escroc s’était taillé un rôle comme il les aime: l’homme providence.
Jeudi, il se présente à la mairie de Charron en tant que fonctionnaire du ministère de l'Agriculture, chargé de venir en aide aux sinistrés de la tempête. Avec assurance, il propose ses "services" aux élus de la région sinistrée.
Usurpateur d’identité, il donne de la crédibilité à son rôle à bord d’un 4x4 de l’Inventaire forestier national (IFN), volé dans les Alpes-Maritimes, selon une source policière contactée par Metro. Il porte alors une tenue kaki et le képi officiel. Au moment de son interpellation, Philippe Berre avait déjà commandé du matériel de déblaiement et de nettoyage. Vigilants le maire et les autorités recoupent les informations auprès du ministère concerné avant d' alerter la Gendarmerie.
En novembre 2009, Philippe Berre a été condamné à cinq ans de prison pour des faits commis dans l'Aube mais aussi dans d'autres départements. Un jugement rendu alors par défaut car il n'était pas présent à la barre.
Son coup d'éclat en 1997
Mais Philippe Berre n’en est pas à sa première condamnation. Il y a une dizaine d'années, il a été condamné à cinq ans d'emprisonnement par le tribunal de Mâcon concernant l'affaire de l'autoroute A28, qui inspira le film A l'origine de Xavier Gianolli.
Se faisant passer pour le patron d'une société de travaux publics, Philippe Berre s'était engagé à relancer le chantier d'une autoroute dans la commune de Saint-Marceau. Les habitants, les entrepreneurs locaux et les autorités municipales avaient alors vu en lui, l'homme providence qui allait relancer l'économie de la région.
Pendant plus d'une dizaine de jours, tout le monde y avait cru. Des personnes avaient été "embauchées", les matériaux et engins commandés... Un début d’autoroute de quelques kilomètres avait même été construit.
Fin du scénario donc pour l'escroc national aujourd'hui en garde à vue à Marans (Charente-Maritime), et qui devrait prochainement répondre de ses actes devant la justice.




































