En signant dans Le Monde une tribune rédigée en commun, les mis en examen de Tarnac violent déjà leurs contrôles judicaires qui les empêche de se voir et communiquer entre eux. Qu'importe, c'est justement pour dénoncer ces mesures et annoncer qu'ils ne les respecteront plus que Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Mathieu et Yildune s'expriment dans le quotidien en date de ce vendredi.
"Nous désertons. Nous ne pointerons plus et nous comptons bien nous retrouver, comme nous l'avons fait, déjà, pour écrire ce texte. Nous ne chercherons pas à nous cacher. Simplement, nous désertons le juge Fragnoli et les cent petites rumeurs, les mille aigreurs misérables qu'il répand sur notre compte devant tel ou tel journaliste", annoncent les protagonistes de l'affaire.
Neuf d'entre eux ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" dès novembre 2008, le dixième a quant à lui été mis en examen il y a seulement une semaine. C'est "le point où une procédure ne se poursuit qu'afin de se sauver elle-même, où l'on inculpe une personne de plus dans le seul espoir de maintenir le reste des inculpations", dénoncent les dix de Tarnac.
"Imaginez que vous ayez le droit de voir qui vous voulez, sauf ceux que vous aimez, que vous puissiez habiter n'importe où, sauf chez vous, que vous puissiez parler librement, au téléphone ou devant des inconnus, mais que tout ce que vous dites puisse être, un jour ou l'autre, retenu contre vous", peut-on encore lire dans la tribune
Cet affront intervient après la violente charge lancée, fin novembre, par les avocats des neuf mis en examen, accompagnés de plusieurs députés, qui ont dénoncé "une affaire d'état" et "une instruction à charge sous couvert de terrorisme", appelant à "clore l'instruction". "Rien ne peut qualifier le terrorisme sur les faits évoqués et rien ne laisse penser qu'il faudrait prolonger l'instruction" a ainsi affirmé le député PS de Corrèze François Hollande.
Des déclarations qui font suite à la remise en cause, par les avocats, d'éléments essentiels de l'enquête. Me Thierry Lévy a ainsi émis des doutes concernant "l'authenticité des procès-verbaux". "On se demande s'ils n'ont pas fabriqué, forgé des éléments pour donner consistance à des faits qui n'existent pas", a-t-il précisé au cours de la conférence de presse du 25 novembre dernier.
A la suite de cette tribune, un représentant du parquet a indiqué ce jeudi au Monde que "Le parquet de Paris a demandé aux juges d'instruction de vérifier les conditions du déroulement de ces contrôles judiciaires", précisant que "si ces obligations n'étaient pas respectées, le parquet en tirera toutes les conséquences". Les dix mis en examen risquent d'être incarcérés.



































