Avant de sortir de l'anonymat à la fin de l'année 2007, Céline Lesage était une femme sans histoires. Agée de 36 ans au moment de la découverte des faits, cette jeune femme menait une existence tranquille, entouré de son fils de onze ans et de son nouveau compagnon à Valognes, un petit village situé à quelques kilomètres de Cherbourg. N'exerçant pas de profession, elle était néanmoins "très impliquée" dans la vie associative, jonglant entre ses activités de représentantes des parents d'élèves, et celle de secrétaire du Téléthon.

Mais le 17 octobre 2007, l'existence de Céline Lesage prend un tout autre tournant. Ce jour-là, son nouveau compagnon, qui partage sa vie depuis près d'un an, fait une macabre découverte. Attiré par "une odeur nauséabonde" dans la cave de leur logement, il découvre le corps de six nouveaux nés, en état de décomposition, dans des sacs plastiques. Face aux gendarmes qui l'interrogeront le lendemain, Céline Lesage avouera les crimes.

"Ne conteste pas les faits, mais ne les explique pas non plus"
Elle expliquera avoir accouché seule à son domicile à six reprises, étouffant quatre des bébés en leur "plaquant la main sur leurs visages", et étranglant les deux autres au moyen d'une cordelette. L'enquête démontrera que son ancien compagnon était le père de cinq des victimes, et avait connaissance des grossesses répétées de sa compagne, imaginant qu'elle "avait recours à des avortements".

Dès ce lundi matin et pendant trois jours, la cour d'assises de la Manche devra donc se prononcer sur les crimes extraordinaires de cette femme ordinaire. Si son avocate, Me Véronique Carré, souligne que "sa cliente ne conteste pas les faits, mais ne les explique pas non plus", l'enjeu des débats sera sans conteste de percer le mystère de l'un des plus graves cas d'infanticides de ces trente dernières années.