Jean-Claude C. est un adepte du tourisme sexuel. Entre 2000 et 2005, il aurait eu en Thaïlande des relations sexuelles tarifées avec des petites filles, âgées de six à onze ans. Poursuivi par la justice de Bangkok, il est parvenu à rejoindre clandestinement la France où il a été arrêté en octobre 2006. Placé depuis en détention provisoire, il comparait à partir de lundi et jusqu'à vendredi devant la cour d'assises de Paris.
Cet homme de 61 ans est accusé de viols commis sur huit petites Thaïlandaises, d'agressions sexuelles sur ces mêmes fillettes ainsi que sur deux mineures françaises de moins de 15 ans. On lui reproche également la détention de plus de 1000 images à caractère pédo-pornographique, le montrant notamment en train de se faire pratiquer des fellations et masturbations par ces mineures et de se livrer sur elles à des actes de pénétration anale et vaginale. Il encourt jusqu'à 20 ans de prison.
Dans ses dépositions, le prévenu - qui reconnaît les faits de pédophilie - a précisé que toutes les mineures lui ont été conduites, moyennant argent, par leur propre mère ou par une femme agissant comme proxénète. "Il a en fait été le client d'un réseau de prostitution comme il en existe beaucoup en Thaïlande, avec les parents qui viennent eux-mêmes vendre leur enfant", explique Me Clotilde Lepetit, l'une de ses avocates.
Pourtant, la qualification des faits en recours à la prostitution de mineurs de moins de quinze ans, passible de sept ans de réclusion, n'a pas été retenue lors de l'instruction, malgré le pourvoi en cassation formulé en ce sens par les avocates de Jean-Claude C.. La cour a considéré que, puisque "des enfants de 6 à 11 ans ne peuvent avoir un consentement éclairé en matière sexuelle", "le versement d'argent ne saurait en rien disqualifier les crimes de viols et d'agressions sexuelles, parfaitement établis et reconnus".
Les deux avocates de Jean-Claude C. vont néanmoins faire valoir ce lundi matin devant la cour d'assises que la simple présence sur le banc des parties civiles de l'ACPE, l'association contre la prostitution des enfants, va dans leur sens.
Me Clotile Lepetit dénonce par ailleurs une "instruction faite avec une malhonnêteté et une immoralité aussi graves que celles de mon client". Elle s'étonne en effet que Jean-Claude Chamoux soit seul sur le rang des accusés. Et que la mère d'Isis*, une des deux fillettes françaises abusées par le prévenu, ne soit pas à ses côtés.
Cette femme était présente quand Jean-Claude C. - qui se faisait passer pour un "guérisseur" - pratiquait les attouchements censés guérir la petite fille de son eczéma. Entendue pendant l'instruction, elle a même reconnu avoir maintenu sa fille immobile pendant ces nombreuses séances de "guérison", une dizaine entre 2002 et 2005, quand M. C. se masturbait et éjaculait sur le ventre de sa fille, âgée de 4 ans en 2002. Mais elle ne se serait doutée de rien, Jean-Claude C. lui ayant demandé de se bander les yeux.
Elle s'est constituée partie civile au procès. Les avocates de Jean-Claude C. estiment que, même si leur client est derrière les barreaux, la petite Isis est toujours en danger.
*le prénom a été modifié
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