C’est un crime qui fait froid dans le dos. Un de ces crimes hors norme que la cour d'assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer s'apprête à juger, ces deux prochains jours. Le meurtre de Nicole, décapitée par son mari, un matin d’avril 2007.

Un drame survenu au sein d’un couple en apparence sans histoires. Un coup de folie que l'accusé, Philippe Cousin n'a toujours pas réussi à expliquer qualifiant lui-même son acte "d’horreur". Les juges devraient donc essayer de comprendre le passage à l’acte de cet homme, décrit comme un être "obéissant" et "respectueux".

Le lundi 16 avril 2007, cet ancien cadre de la Poste, alors âgé de 50 ans, tue sa femme en la décapitant avec un couteau de cuisine. Il appelle ensuite le commissariat de police d'Arras pour se dénoncer: "Excusez-moi de vous déranger, j'ai tué ma femme" déclare t-il.

Elle aurait refusé d’avoir un enfant
Il explique d'abord son geste par une dispute verbale d'ordre domestique, avant d'évoquer le refus de son épouse d'avoir un enfant, selon les enquêteurs. Nicole aurait toujours refusé, selon son mari, toutes relations sexuelles susceptibles de lui donner un enfant, car elle craignait de lui transmettre la maladie de son père, décédé de la sclérose en plaques. L'autopsie du corps de la victime a par ailleurs confirmé qu'elle était vierge.

Il vivait sous la domination de sa femme
La "conjonction" de ses 50 ans, deux semaines avant les faits, et de "cette absence de paternité" ont causé chez Philippe Cousin un "syndrome de la cocotte-minute", pense son avocat Me Didier Robiquet, qui précise que son client a suivi une "longue psychothérapie" en maison d'arrêt.

Epousé 21 ans plus tôt, Philippe Cousin évoque les "reproches" réguliers que sa femme lui adressait, notamment quelques semaines avant le drame, lorsqu'elle aurait menacé de le quitter.
Les experts psychologues décrivent une relation de couple dominant-dominé qui a pu engendrer une frustration et une agressivité réprimée pendant plusieurs années.

Selon les experts psychiatres qui l'ont examiné, il n'était cependant pas atteint de trouble psychique ou neuro-psychique ayant pu abolir ou altérer le contrôle de ses actes.