Les syndicats et le collectif Pas de bébés à la consigne, appellent les professionnels de la petite enfance à une journée de grève ce jeudi, pour s'opposer au projet de loi modifiant la règlementation de l'accueil de la petite enfance (crèches publiques, privées et associatives concernées). Ce projet porté par Nadine Morano, s’inspire du rapport de Michèle Tabarot, députée UMP des Alpes-Maritimes.

En ligne de mire des syndicats, l'augmentation des capacités d'accueil des crèches. La CFDT Interco dénonce une aggravation des dépassements de capacité d’accueil qui passeraient de 10 à 20%.

Ce rapport met en exergue l'importance de la qualité apportée à cet accueil. "Un consensus se dégage pour considérer comme éléments de qualité nécessaires à un bon développement cognitif, social et affectif des enfants, l’attention qui leur est portée, l’adéquation aux besoins individuels et la stabilité du personnel. Des interactions de faible qualité ont une incidence sur le développement social (agression, non respect des règles), plus forte que sur les autres aspects du développement.", précise-t-il..

Pourtant, le rapport préconise a contrario de désserer les normes en place comme élargir "les possibilités d’accueil des enfants en surnombre dans la limite de 2 pour 10 (aujourd'hui de 10% de la capacité d'accueil ndlr)".

Baisse de la qualification du personnel
Un autre objet de mécontentement concerne la qualification du personnel. Les syndicats dénoncent une diminution de 50 à 40% la proportion des professionnels les plus qualifiés (infirmière, puéricultrice...) auprès des enfants. Pour Isabelle Belotti, secrétaire FO des services publics et de santé, l'inquiétude porte sur "la pluridisciplinarité" de ce personnel, gage "de qualité et nécessaire pour le bon environnement de l'enfant". "Le projet de Nadine Morano ne va pas dans ce sens, il prévoit l'intégration de personnel moins qualifié et l'augmentation des CAP petite enfance." indique -t-elle.

Inquiétude côté enseignement cette fois. Les "jardins d'éveil" pour les enfants de 2 et 3 ans, en expérimentation dans le futur projet, "pourraient se substituer à terme à l'école des enfants de cette tranche d'âge. Se pose alors la question de la gratuité de l'enseignement qui ne serait plus induite par la mise en place de telles structures" ajoute, Isabelle Belotti.

Pointé du doigt enfin: le rôle des directrices adjointes des crèches. Elles seraient intégrées pour partie, dans l'effectif auprès des enfants au détriment, pour les syndicats, de leur rôle d'encadrement et de soutien des équipes.

Une première journée de grève des personnels des crèches avait déjà eu lieu le 17 février dernier. La manifestation à Paris partira du métro Glacière (Paris 13e) pour se rendre à Matignon (Paris 7e). Elle devrait être également suivie dans les grandes villes de province.