Les étudiants français sont-ils mal nourris ? C'est la question qu'a semblé se poser Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, au moment de commander un nouveau guide de la restauration universitaire. Les deux hommes sollicités pour l'élaborer – Jean-Robert Pitte, ancien président de la Sorbonne et gastronome affirmé, et Jean-Pierre Coffe, homme de médias connu pour ses recettes à bas prix et sa lutte revendiquée contre la malbouffe – ne se sont pas faits prier. Le Pitte et Coffe a été remis mercredi au ministère.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le duo n'a pas manqué d'imagination, bien que le rapport ne compte que dix pages. Après avoir visité une douzaine de restos U à travers la France, ils sont revenus avec quelques propositions innovantes. Parmi les plus marquantes figure celle de faire appel à des fournisseurs locaux pour les produits frais, bio si possible, à travers des contrats signés avec les chambres de commerce et d'agriculture. "Pourquoi les pommes bio servies dans les restaurants universitaires parisiens proviennent-elles du nord de l'Italie ?" s'interrogent-ils.
"Fontaines de vin"
Le rapport propose également de faire la nique aux si fréquentes frites-ketchup-mayonnaise, par exemple en les remplaçant par des pommes au four cuites dans leur peau. L'idée est alléchante mais quid du prix ? Une autre idée des deux compères répond à cette question, puisqu'ils aimeraient moduler le montant du ticket resto en fonction des revenus des étudiants et de leurs parents. Une proposition qui n'a pas emballé Valérie Pécresse : "J'en discuterai avec les organisations étudiantes."
Mais de toutes les idées avancées, celle qui a de loin le plus embarrassé la ministre est celle des dégustations de vin. Elle s'y est montrée fermement opposée. Jean-Pierre Coffe lui a répondu dans les colonnes de Libération : "Nous n'avons jamais imaginé qu'il y aurait des fontaines de vin sur les tables ! Il s'agirait d'animations ponctuelles pour faire découvrir le vin aux jeunes." Et ainsi lutter contre la défonce aux alcools forts. Plus globalement, la réflexion du Pitte et Coffe porte avant tout sur le recours trop habituel aux surgelés et sur la pertinence de servir une nourriture cuisinée dans les règles de l'art.




































