Jean-Michel Severino est directeur général de l’Agence française de développement. Il vient de publier L’Aide au développement, dans la collection Idées reçues, aux éditions Le Cavalier bleu, un petit livre qui tente de répondre aux assertions les plus communément admises au sujet du développement. Metro lui a demandé de commenter quelque-unes de ces affirmations au sujet d’Haïti
Pensez-vous que l’assertion “avec plus d’argent, on parviendra au développement” s’applique à Haïti ?
Pour le moment, Haïti n’a pas forcément besoin de plus d’argent. Bien sûr, en injectant plus d’argent, on peut soutenir plus de personnes. Mais ce n’est pas cela qui permettra de faire redémarrer la croissance. Et quand la phase d’urgence touchera à sa fin, la priorité sera bien de faire repartir l’économie.
L’affirmation “il faut arrêter d’aider les Etats corrompus” pourrait s’appliquer à Haïti...
La corruption est un mal présent à des degrés divers dans tous les pays du monde. Mais même quand la corruption paralyse l’aide au développement, ce n’est pas forcément une bonne décision de stopper les aides. Il ne faut pas punir la population. Et il faut trouver des moyens pour contourner le système. Pour le cas haïtien, l’Etat n’existe plus. L’urgence est telle que la question ne se pose même pas.
Et pour Haïti, la dette est-elle un “frein au développement” ?
Le choix des pays du G7 d’annuler la dette haïtienne était une question de bon sens. C’est une vraie bouffée d’oxygène.










































