Depuis l'annonce de la mort de Jean Ferrat survenue en début d'après-midi dans un hôpital ardéchois (lire "Jean Ferrat s'est éteint"), les réactions pleuvent de la part des chanteurs de sa génération, et d'un grand nombre de dirigeants politiques.

De gauche à droite, chacun salue en lui l'homme d'engagement, le poète, et l'un des derniers grands d'une certaine chanson française.

"l'un des derniers géants disparaît"
Parmi les premiers hommages au poète disparu, Georges Moustaki l'un de ses compagnons de jeunesse, à l'époque des cabarets, a salué "quelqu'un d'exceptionnel", qui "n'a rien sacrifié de ce qui lui tenait à coeur".

Selon lui, "c’était un homme engagé, mais il n’était pas un hurleur de sentences", ainsi il a très vite connu le succès, par la poésie de ses textes, et par "la beauté de sa voix".

De son côté, la chanteuse Isabelle Aubret, l'une des grandes rencontres artistiques dans la vie de Jean Ferrat, qui a notamment écrit pour elle "deux enfants au soleil" et "c'est beau la vie" lui a rendu un vibrant hommage, sur scène cet après-midi, justement en interprétant ce titre. A l'AFP, elle a ensuite déclaré que c'était "une déchirure après tant d'années, de bon temps et de belles chansons"

Tandis que Mireille Mathieu a affirmé que "les chansons de Jean Ferrat resteront à jamais", Line Renaud a déclaré que "Jean était un auteur immense, un homme d'une gentillesse admirable avec de la tendresse plein les yeux et plein la voix."

Pour le présentateur Michel Drucker, après Brel, Brassens et Ferré, c'est "le dernier des mohicans", l'un "des derniers géants qui disparaît", et avec lui "toute une page de la chanson française".

"C'est l'ambassadeur de l'Ardèche qui s'en va"
Pour Pascal Terrasse, le président du conseil général de l'Ardèche, la terre d'adoption du chanteur, "la France perd l'un de ses plus grands poètes, dans la lignée de Brassens, Brel et Ferré."

"Pour l'Ardèche, c'est notre ambassadeur qui s'en va, c'est dramatique" a affirmé l’élu socialiste, rappelant qu’avec "La montagne", Ferrat a écrit "un hymne pour tous les Ardéchois".

Sur le plan humain, il a évoqué "un homme de gauche et un poète d'une douceur extrême, d'une sensibilité très forte", qui "a toujours refusé le star-system".

Le président de la République salue "l'authenticité et l'excellence"
Au même titre, Nicolas Sarkozy a lui aussi souligné qu'"avec Jean Ferrat, c'est une conception intransigeante de la chanson française qui s'éteint".

"Farouchement attaché à sa liberté et à son indépendance, il a toute sa vie pensé et vécu son art comme un artisanat, privilégiant constamment l'authenticité et l'excellence à la facilité consumériste des standards commerciaux" a salué le président de la République.

Selon Nicolas Sarkozy, "chacun a en mémoire les mélodies inoubliables et les textes exigeants de ses chansons, qui continueront encore longtemps, par leur générosité, leur humanisme et leur poésie à transporter les âmes et les coeurs".

Dans un communiqué, le Premier ministre, François Fillon, a écrit que "Jean Ferrat alliait à son immense talent un engagement militant auquel il n’a jamais failli" et a affirmé que "sa mort est un deuil pour la chanson française et tous les artistes français, dont il était le maître incontesté".

De son côté, Frédéric Mitterrand a cité quelques-uns des plus beaux textes de Ferrat, représentatifs de son "mélange d'engagement politique, de fraternité et d'amour". Selon le ministre de la Culture, on n'oubliera notamment pas "Les yeux d'Elsa, et son interprétation des poèmes d'Aragon qui a marqué des générations".

Marie George Buffet et le PCF "bouleversés"
La secrétaire nationale du parti communiste Marie-George Buffet a publié un communiqué cet après-midi, après que "notre ami, notre camarade Jean Tenenbaum dit Jean Ferrat est parti (...) rejoindre ses amis les poètes".

Convaincue que "Jean Ferrat, son message, ses chansons ne nous quitteront pas", la responsable communiste a salué "la voix qui a transmis, interprété et popularisé les voix d’Aragon, Prévert, Lorca" et des "valeurs d'amitié, d'amour et de générosité".

Sur le terrain politique, Marie-George Buffet a décrit  le "compagnonnage critique" de Jean Ferrat avec le PCF comme "utile et exigeant"  car "c'est le chanteur dont le sens de l’humanité et de la justice a accompagné l’engagement de générations de militants".

A gauche toujours, pour Robert Hue, qui lors des Européennes de 1999 a conduit la seule liste électorale nationale sur laquelle a figuré Ferrat, il "a chanté la France comme personne" et "la vie des petites gens".

Enfin, la première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry a affirmé que "chacune de ses chansons était un hymne à la résistance", Jean Ferrat ayant "tenté, sans jamais se lasser, de lutter contre toutes les formes de servitudes".