Près d’un Français sur deux veut faire des dons pour Haïti. C’est beaucoup selon vous ?
C’est un chiffre important. Après le tsunami de 2004, on était au même niveau d’intentions à la même période. La question, c’est de savoir combien donneront réellement. Je pense qu’il y aura un grand élan de générosité, mais qu’il ne franchira pas le niveau de celui qui avait eu lieu après le tsunami.
Pourquoi ?
Si aucun drame n’est comparable, l’impact du tsunami en termes de médiatisation, avec beaucoup d’images réelles de la catastrophe, la présence de nombreux touristes, avait été exceptionnel. Il me semble que la couverture médiatique de la catastrophe d’Haïti va durer moins longtemps. Les tremblements de terre créent un choc très fort, mais ponctuel. Le tsunami avait récolté 330 millions d’euros de dons en France. Si on arrive à 100 millions pour Haïti, ce sera énorme.
Comment expliquez-vous un tel élan de générosité ?
Il y a des zones plus empathiques que d’autres. D’autres crises récentes n’ont pas déclenché la même envie de donner. Haïti est un territoire plutôt "sympathique" pour l’opinion, et les Français y sont unis par l’Histoire. Je pense aussi qu’il y a des cycles dans l’emballement de la générosité humanitaire, qui durent environ cinq ans. On n’avait pas connu de tel mouvement depuis le tsunami.
Quand un tel élan se crée, ce n’est pas trop pour une seule cause ?
Non, car un mouvement de générosité global enfle dans ces moments, et je pense que même les causes franco-française récolteront beaucoup d’argent cette année. Après le tsunami, 2005 a été une bonne année de collecte de fonds générale, tout comme 1994 après la forte mobilisation pour le Rwanda et 1999 après celle pour le Kosovo.
Ne risque-t-on pas un excès de dons comme en 2004 ?
Au vu des besoins d'Haïti, et si on accepte que cette dépense se réalise sur 5 à 10 ans, il n’y aura jamais assez d’argent.










































