Armand Paul Bosco, directeur régional de la population et des affaires sociales dans la région de Diana, au nord de l’île, a mis en place le réseau de protection de l’enfance dans cette région.
Que changer en priorité à Madagascar pour que la situation évolue en faveur des enfants ?
Les comportements, ce qui passe d’abord par l’éducation. Il faut éduquer les enfants mais aussi les adultes pour pouvoir bien leur expliquer ce que sont les droits des enfants, pourquoi on les protège, pourquoi Madagascar a ratifié les conventions internationales... C’est seulement comme cela, en faisant des réunions au niveau des communautés que tout le monde prendra ses responsabilités.
Pourquoi au niveau des communautés ?
Parce que c’est la base de la société dans les villages. Les gens qui habitent dans les villes savent à peu près ce que sont les droits et la protection des enfants mais au niveau de la communauté, beaucoup de Malgaches sont analphabètes. D’où la nécessité de bien leur expliquer pourquoi on doit protéger les enfants.
L’analphabétisme n’explique pas tout. Il existe aussi une culture de l’éducation un peu rude…
Dans la tradition malgache en effet, frapper c’est éduquer. Les parents eux-mêmes ont été élevés dans cette tradition. Pour eux ce n’est pas une faute grave.
Quel est le rôle du ministère de la population ?
Il est chargé de la mise en œuvre de toutes les politiques relatives à la protection des enfants et à la promotion de leurs droits. En 2007, on a renouvelé les lois sur la protection des enfants. On a rendu la scolarisation obligatoire, les signalements en cas de mauvais traitements ou de travail également, et l’acte de viol est désormais reconnu comme un crime. On a aussi mis en place des réseaux de protection qui réunissent toutes les forces vives (associations, ONG, églises, administrations locales, police, assistantes sociales, chefs de quartier, etc.) concernées par les problèmes de l’enfance. Ce n’est pas un travail facile.










































