Les causes du mécontentement sont particulièrement nombreuses cette rentrée...
Oui. Il y a d'abord les suppressions de poste: 50 000 emplois depuis 4 ans et encore 16000 l'an prochain. En 2001, ce sera la première fois depuis plus de 30 ans que l'école va connaître des fermetures de postes en classe alors que jusqu'à présent, les suppressions avaient essentiellement touché les Rased et les postes administratifs.
Le ministre essaie de faire diversion en annonçant que le budget de l'Education nationale augmente de 1,5 point de PIB par an. Mais si l'on retire les pensions des enseignants retraités, on s'aperçoit en fait que le budget consacré au fonctionnement du système scolaire n'augmente pas. De plus, un rapport de la Cour des Comptes a montré que, entre 1995 et 2010, la France est passée du 2eme au 15eme rang des pays de l'OCDE en matière d'investissement dans l'éducation. Alors que tant de pays ont fait le choix d'investir dans l'Education nationale, la France a fait le choix inverse.
Vous critiquez aussi la mise en place de la réforme de la formation des maîtres.
Oui bien sûr, même si le primaire s'en sort mieux que le secondaire. Mais le système de doublette (un enseignant-stagiaire va être accueilli dans la classe d'un professeur plus expérimenté jusqu'à la Toussaint, il effectuera ensuite des remplacements, ndlr) ne vaut que pour cette année. De plus, il est faux de croire que le métier de prof s'apprend sur le tas. Et même si dès l'an prochain, les enseignants-stagiaires sont censés avoir 108 heures de formation, soit l'équivalent de 4 semaines, ce n'st pas suffisant. Ils ne seront pas assez aguerris pour réussir leur entrée dans le métier.
L'arrivée dans les écoles de jeunes profs qui n'ont bénéficié d'aucune formation ne risque-t-elle pas de susciter la méfiance des parents d'élèves ?
Si défiance il y a, c'est bien la preuve que la réforme est mal ficelé e! Mais je ne l'espère pas, car on sait que le rapport école/famille est déterminant pour la bonne scolarité de l'enfant. On va tout faire pour que la rentrée des jeunes profs-stagiaires se passe au mieux, par un accompagnement informel entre profs. On peut compter sur les enseignants titulaires pour cela. C'est un corps solidaire, même si une fois de plus on fait peser une lourde charge sur eux.
Lire aussi : "On envoie les jeunes profs au casse-pipe !"
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