Un temps annoncé pour clore le colloque organisé par l'Institut Montaigne à Paris sur l'Identité nationale, Nicolas Sarkozy s'est finalement désisté au profit de son Premier ministre François Fillon. Ce dernier à donc eu la lourde charge de s'exprimer à la tribune sur un sujet de plus en plus contesté.
Critiqué sur les accents électoralistes de ce débat, François Fillon a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un sujet de "circonstance". "Le débat sur l’identité nationale n’est pas de circonstance, c’est un débat complexe et passionnant, ce doit être un débat permanent, inséparable de la constitution même de notre pays", a-t-il affirmé. Et de contrattaquer: "ici où là, on a prétendu que ce débat était dangereux, qu’il allait raviver les défiances. Mais le danger n’est pas de débattre ! Le danger, c’est de laisser monologuer les tenants du repli national, les nostalgiques qui sont prêts à emboucher le clairon de Déroulède et de Vichy", a-t-il lancé.
François Fillon a abordé la question des minarets qui s'est invitée en France après le référendum Suisse le 29 novembre dernier. "Quant aux minarets, qui sont d'ailleurs assez peu nombreux en France, je dis simplement qu'ils doivent s’inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social. Et la meilleure façon qu'ils le soient c'est de faire confiance pour cela aux maires de nos villes", a déclaré le chef du gouvernement. "Ce qui doit être recherché, c’est un islam de France, plutôt qu’un islam qui s'impose en France. C’est cet objectif que le gouvernement poursuit avec les représentants de la communauté musulmane", a-t-il encore ajouté.
Dans les colonnes de Libération ce vendredi, vingt intellectuels ont lancé un appel pour la suppression du ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration en l'accusant de mettre "en danger la démocratie".
Le philosophe Etienne Balibar, le sociologue Luc Boltanski, l'anthropologue François Héritier ou les historiens Gérard Noiriel, Tzvetan Todorov et Patrick Weil formulent une critique en forme d'alerte concernant le débat sur l'Identité nationale qui, selon eux, "a introduit dans notre pays un risque d'enfermement identitaire et d'exclusion".
Ce jeudi, l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit a estimé sur l'antenne d'Europe1 que "tout débat qui cherche à sanctifier une identité veut exclure". A droite également les critiques sur ce débat lancé par Eric Besson se sont faites entendre. Ainsi l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a appelé à "plus de rigueur intellectuelle dans la menée du débat" précisant que "la question de l'identité ça ne (pouvait) pas être une réflexion de comptoir".
Une critique à laquelle a répondu le ministre de l'Immigration précisant que Jean-Pierre Raffarin avait "tout a fait tort". "Moi je me réjouis qu'il y ait aussi des réflexions de comptoir, cela fait partie d'ailleurs de notre identité nationale", a-t-il précisé.


































