Eric Besson entendait lancer fin octobre un grand débat sur l'identité nationale, après trois mois de polémique sur ce thème controversé, le gouvernement a décidé de rendre ses conclusions. Ce lundi la plupart des ministres ont participé à un séminaire gouvernemental à l'issue duquel le Premier ministre François Fillon a annoncé une "première série de mesures".

Drapeau et droits de l'Homme
L'une de ces mesures concerne les écoles, qui devront arborer un drapeau tricolore et afficher la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 dans chacune de leurs classes. Outre ces rappels républicains, l'autorité des professeurs apparaît comme un thème lié à l'identité nationale. En effet, dans ce cadre, la révision des règlements intérieurs des établissements va être étudiée.

Autre mesure visant les plus jeunes; la mise en place d'un "carnet jeune citoyen" s'intégrant à la volonté de renforcer l'éducation civique dispensée aux écoliers. A ce titre, la "journée d'appel" est appelée à devenir "un vrai rendez-vous citoyen", a précisé François Fillon.

Autre renforcement, celui du "contrat d'accueil et d'intégration" qui concerne les étrangers, a annoncé le Premier ministre. Renforcement qui devrait passer par l'augmentation du niveau d'exigence de connaissance de la langue française.

Le débat continue
Parlementaires, intellectuels et historiens vont pouvoir approfondir le débat dans le cadre d'une commission qui aura pour but de "suivre la mise en œuvre des mesures décidées aujourd'hui et d'en proposer de nouvelles", a indiqué François Fillon. Loin d'annoncer la fin des discussions sur ce thème, le Premier ministre, qui s'exprimait aux côtés du ministre de l'Immigration Eric Besson, a indiqué que Nicolas Sarkozy s'exprimerait sur le sujet "en avril", et qu'un autre séminaire gouvernemental se réunirait ultérieurement, sans qu'aucune date n'ait été avancée.

"Ce sujet a été trop longtemps esquivé. La question de l'identité nationale a vocation à être débattue dans la durée de façon naturelle, de façon sereine, non partisane, parce que rien n'est pire que le silence, rien n'est pire et rien n'est plus délétère que les non-dits et les anathèmes dont nous savons qu'ils ont toujours fait le jeu des extrémistes", a déclaré le Premier ministre se félicitant du "succès populaire" de cette initiative qui a totalisé 58.000 contributions sur le site internet créé à cet effet.