Macabre découverte dans le Nord. Huit cadavres de nouveau-nés ont été retrouvés dans un pavillon et un jardin d'une autre habitation du village de Villers-au-Tertre. La femme a été mise en examen pour "homicides volontaires de mineurs de moins de 15 ans" et un mandat de dépôt a été requis. Le parquet avait requis une mise en examen pour "non dénonciations de crimes et recels de cadavres" à l'encontre de son mari. Elle n'a pas été suivie par le juge d'instruction. "Le père présumé n'a pas été mis en examen et il est libre", a annoncé le procureur de Douai lors d'une conférence de presse.
Le magistrat a également indiqué qu' "elle explique qu'elle ne voulait plus d'enfants et qu'elle ne voulait pas voir de médecin pour un moyen de contraception". Elle a expliqué que son premier accouchement s'était "mal passé du fait de sa forte corpulence et qu'à ce titre, elle ne voulait plus voir de médecin".
Selon Le Parisien, la femme aurait tué ses bébés en les étouffant et son mari n'aurait rien su de ses grossesses. La mère présumée, aide-soignante à Douai, est "une personne qui sortait très peu, qui participait très peu à la vie de la commune", explique le maire de la commune Patrick Mercier. Elle avait un "problème de poids" qui pourrait expliquer que "personne ne s'est rendu compte de quoi que ce soit". Le père présumé, menuisier, faisait partie du conseil municipal. Le couple mis en examen est déjà parents de deux filles âgées d'une vingtaine d'années, qui ont elles-mêmes des enfants. Selon nos informations, c'est à partir de la troisième grossesse que les infanticides auraient commencé.
Deux maisons différentes
Ce sont les nouveaux propriétaires d'une maison qui ont alerté la gendarmerie samedi après la découverte d'ossements dans leur jardin. Deux corps de nouveau-nés sont alors découverts par la gendarmerie. Le rapprochement est fait avec les anciens propriétaires leur ayant vendu la maison. Elle appartenait aux parents du couple incriminé qui habite à moins d'un kilomètre de la rue de Fressain. Les parents présumés sont interpellés mardi.
Lors de sa garde à vue, la femme aurait alors indiqué aux enquêteurs l'endroit de la maison du Sentier du Pré où elle aurait dissimulé les corps de six autres de ses bébés. Suite à ses indications, les gendarmes ont fait le reste de la macabre découverte mardi après-midi. Les corps des nourrissons n'auraient pas été pas enterrés comme les premiers, mais dissimulés dans des sacs poubelle.
Mercredi soir, les gendarmes avaient continué à effectuer des recherches. Les deux maisons et les jardins étaient passés au crible. Des brigades cynophiles avaient été dépêchées sur les lieux afin de s'assurer que d'autres corps n'avaient pas été dissimulés dans l'une ou l'autre des habitations. Les recherches ont été suspendues ce jeudi. Le village de 620 habitants est sous le choc. Le couple était apprécié et décrit comme "serviable" et "sans histoires". Le prêtre du village, très ému, a disposé huit bougies devant le portail de la maison.
Cas d'infanticide en France
Des affaires comportant cinq, voire six infanticides ont été révélées ces dernières années. Le cas le plus médiatique reste néanmoins l'affaire des époux Courjault. Véronique Courjault, 41 ans, avait été condamnée le 18 juin 2009 à huit ans d'emprisonnement pour le meurtre de trois de ses nourrissons (deux en France et un en Corée du Sud), commis à l'insu de son mari. Il avait été mis hors de cause après avoir été, dans un premier temps, placé en examen pour "complicité d'assassinat". Véronique Courjault a été depuis, remise en liberté conditionnelle. Cet octuple infanticide dans le nord pourrait désormais devenir la plus importante affaire d'infanticides en France.
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