CHRISTOPHE CARESCHE
Député PS de Paris, membre de la commission des Finances de l'Assemblée
"La France ne doit pas se laisser donner des leçons"
"Arnaud Montebourg a répondu a une provocation inadmissible. Bien sûr qu'il a bien fait ! La France ne doit pas se laisser donner des leçons par des gens qui ne le connaissent pas et professent des idées inacceptables. Nous sommes l'un des pays qui a le taux de productivité le plus important au monde. Se faire traiter de fainéant par ce monsieur, c'était insupportable.Je n'imagine pas que le gouvernement ait pu laisser une telle lettre, avec l'impact médiatique qu'elle a eu, sans réponse.
Il en va aussi de notre fierté. Il ne faut pas être arrogant, toujours garder une certaine modestie, mais on n'a pas à se faire marcher dessus, encore moins au moment où le gouvernement a engagé des réformes très importantes en termes de compétitivité, après le rapport Gallois. C'est vrai qu'il faut être pragmatique, réaliste et efficace, mais Arnaud Montebourg a raison d'essayer d'incarner un certain volontarisme. Il y a aussi une part psychologique dans le redressement du pays."
FRANÇOIS SAUVADET
Ex-ministre de la Fonction publique et porte-parole de l'UDI :
"Il faut arrêter avec les provocations"
Pour moi, Arnaud Montebourg est un pompier pyromane. Il est vrai que les propos du PDG de Titan sont inacceptables, mais on ne peut pas sans cesse pointer du doigt les patrons et s'étonner qu'un jour, ils réagissent. Dans cette affaire, qu'est-ce qui a libéré la parole et qu'est-ce qui a fait que le dirigeant d'un groupe américain, qu'on est d'ailleurs allé chercher pour la reprise de Goodyear Amiens, en arrive à tenir de tels propos ? La réaction à la provocation, c'est la provocation.
Je suis en outre étonné par la réplique du gouvernement. Le matin, sa porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem, dit que la meilleure réponse est le silence. Et le soir, Arnaud Montebourg en rajoute une couche ! C'est un véritable signal d'agitation qui est en train d'être donné. J'appelle monsieur Montebourg à reprendre son calme. Dans la crise que nous traversons, il est dans une excitation permanente là où il faut trouver des solutions. On ne gagnera pas la bataille de l'emploi en tapant sur les patrons.



































