Samedi 13 mars, la troisième chaîne de télévision georgienne vient d'annoncer une nouvelle attaque de la Russie. Les chars font route vers la capitale Tbilissi, plusieurs villes sont bombardées, le gouvernement évacué  et le président Mikheïl Saakachvili vient d'être assassiné.

Il s’agit en réalité d’un canular, d'un goût douteux, diffusé par la chaîne privée Imedi et censé illustrer un éventuel scénario catastrophe découlant de la mort tout aussi éventuelle, du président Mikheïl Saakachvili.

Frappé par la guerre en 2008, le faux-reportage a provoqué une vague de panique dans tout le pays. Résultats: magasins pris d'assaut, services d'urgence saturés d'appels, incidents cardiaques… la diffusion de l'invasion de la Russie a ravivé la plaie encore douleureuse du conflit russo-géorgien en 2008.

Condamnation de Moscou et de Washington
Réputée proche du pouvoir géorgien, la chaîne à également récolté les foudres de l'opposition. Moscou et Washington se sont associés aux vives critiques. "Les agissements d'Imedi étaient irresponsables et immoraux", a déploré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Andreï Nesterenko.

Quant à l'ambassadeur des Etats-Unis en Géorgie, John Bass, il a estimé que la diffusion d'un tel sujet était "irresponsable" et loin des "normes du journalisme professionnel".

Si le patron de la chaîne mise en cause s'est excusé du "choc" provoqué, il a exclu toutes sanctions contre les auteurs du sujet. Il a invoqué la mention d'un bref avertissement avant la diffusion du reportage décrié qui annonçait une "simulation" mais que personne n'a visiblement relevé.

Au coeur d'un scandale depuis deux jours, le président géorgien, Mikheïl Saakachvili - que l'opposition accuse d'avoir donné son accord à la diffusion du reportage pour doper sa popularité - a à son tour critiqué ce lundi la mauvaise blague: "Ce programme, présenté sous cette forme, était dépourvu de sens pour notre société". Il avait dans un premier temps jugé que "la chose la plus déplaisante est que cela est extrêmement proche de ce qui peut arriver et de ce que conçoit l'ennemi (la Russie, ndlr) de la Géorgie".