A qui aurait douté de ses ambitions de chef de parti, d'un tweet, par définition laconique, l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, a officialisé samedi sa candidature à la présidence de l'UMP.
"Mon devoir est de rassembler toutes les familles de la droite et du centre. Je suis candidat à la présidence de l'UMP", a-t-il écrit, comme un avant-goût de son interview à paraître dans l'édition de ce 1er juillet du Journal du Dimanche.
Dans la bataille pour cette fonction, l'ancien occupant de Matignon est au moins en concurrence frontale avec l'actuel secrétaire général du premier parti d'opposition, Jean-François Copé, et peut-être avec Alain Juppé qui, sans vraiment sortir du bois, s'est posé hier en possible recours pour éviter ce duel fratricide.
Silencieux ces derniers temps, Fillon n'en avait pas moins entamé il y a plusieurs semaines, avant même les législatives, un patient travail de sape. Apparemment bien plus populaire dans l'opinion que son principal rival, Fillon ne part pas gagnant pour autant, car à la tête de l'appareil UMP, Copé a, lui, eu l'opportunité de tisser sa toile parmi les cadres.
Si Copé dispose sans doute d'un certain avantage grâce à ses réseaux, ces derniers jours, Fillon a enregistré plusieurs ralliements notables, tels que ceux de son ancienne ministre Valérie Pécresse, pourtant réputée proche de Copé, de Laurent Wauquiez, ou encore, dit-on, dans les prochains jours, d'Eric Ciotti, le président du Conseil général des Alpes-Maritimes, figure de proue de la Droite populaire, l'aile la plus conservatrice de l'UMP, que l'on n’imaginait pas forcément pencher de son côté.
Pour les uns comme pour les autres, l'argument récurrent en faveur de François Fillon tient à l'expérience acquise en cinq ans à Matignon, qui, selon le mot de Wauquiez, lui ont "forgé une incontestable stature d'homme d'Etat". Sans doute pour les mêmes raisons, d'après le dernier sondage en date, réalisé par CSA, 58% des Français auraient une bonne opinion de M. Fillon, contre seulement 36% de M. Copé.
Auprès des sympathisants de droite, l'écart était tout aussi marqué, l'un et l'autre recueillant respectivement 84% et 68% d'impressions positives. Bien sûr, cela ne présume en rien du vote des adhérents de l'UMP, qui seront appelés à trancher à travers un scrutin majoritaire à deux tours, en vue d'une proclamation du nouveau patron de la droite, fin novembre, lors du congrès de l'UMP.









































