Le départ de François Fillon n'est "absolument pas à l'ordre du jour", déclarait la semaine dernière le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Les Français semblent sur la même longueur d’ondes. Alors que les spéculations sur l’avenir du Premier ministre vont bon train, 70% d’entre eux souhaitent qu’il reste à son poste jusqu’en 2012. Autre bonne nouvelle pour celui que l’on dit intéressé par un poste européen ou par la mairie de Paris : après avoir accusé le coup de la taxe carbone le mois dernier, sa cote de popularité, comme celle de Nicolas Sarkozy, remonte en octobre, selon notre baromètre Metro Krief-Group réalisé par OpinionWay.
Même si l’hypothèse d’un maintien de Fillon après les régionales semble désormais plausible, le bal de sa succession est ouvert. Interrogés sur leur préférence, les Français ont un net penchant pour une femme, Christine Lagarde (29%). Nicolas Sarkozy peut aussi compter sur son « joker vert » Jean-Louis Borloo (19%), qui devance Xavier Bertrand (16%) et Eric Woerth (8%). Pour Brice Hortefeux (7%), Eric Besson (7%), Claude Guéant (4%) et Luc Chatel (3%), la route vers Matignon semble plus longue.
"Il joue moins le rôle de fusible"
Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d'OpinionWay.
Les Français n’ont pas de raison de souhaiter le départ de François Fillon : Nicolas Sarkozy est le premier président dont le quinquennat est calqué sur la mandature législative, et son choix de se mettre en avant fait que le Premier ministre joue moins le rôle de fusible. Les Français n’ont pas le sentiment qu’en changer bouleverserait la donne. La personnalité de François Fillon est par ailleurs appréciée car, plus discrète, elle fait contrepoids à celle du président. Le test interviendra aux régionales, dernier grand scrutin avant la présidentielle. Soit Nicolas Sarkozy fera le choix de changer pour entrer dans une nouvelle phase d’action, soit il maintiendra Fillon. On serait alors, sauf accident, dans une logique de Premier ministre pour cinq ans.
Le top 5 du gouvernement
Au tableau d‘honneur de ce mois d’octobre : Xavier Darcos et Bruno Lemaire. Le ministre du Travail et celui de l’Agriculture enregistrent la plus forte progression, plus cinq points. Le premier, très impopulaire lorsqu’il était à l’Education, se refait une santé à son nouveau poste; le second récolte les bénéfices de sa gestion habile et de sa plus forte exposition lors de la crise du lait. En tête, Bernard Kouchner conserve une courte avance sur Jean-Louis Borloo et Frédéric Mitterrand est stable en troisième position. Mais le ministre de la Culture devra attendre le mois prochain pour savoir si la polémique sur son livre, qui l’a contraint à annoncer en direct à la télévision qu’il condamnait le tourisme sexuel, a laissé des traces. Brice Hortefeux, en tout cas, s’en sort bien. Malgré la controverse sur ses propos jugés racistes, le ministre de l’Intérieur gagne un point.
Bernard Kouchner 62% (- 1)
Jean-Louis Borloo 60% (+ 1)
Frédéric Mitterrand 55% (=)
Michèle Alliot-Marie 54% (+3)
Roselyne Bachelot 47% (- 2) |
Le top 5 de l'opposition
La poussée verte n’en finit plus. Alors que les écologistes sont de plus en plus courtisés (François Bayrou vient de se dire "ouvert" à des accords avec eux pour les régionales), leurs deux représentants dans ce classement ont le vent en poupe. Daniel Cohn-Bendit repasse en tête devant Bertrand Delanoë, tandis que la secrétaire générale des verts, Cécile Duflot (+ 5), de plus en plus exposée, s’installe en quatrième position. En revanche, Martine Aubry (-2) n’est pas récompensée pour son entreprise de rénovation du PS. Et Ségolène Royal (-5) est désormais dépassée par l’ensemble de ses camarades socialistes.
Daniel Cohn-Bendit 52% (+ 1)
Bertrand Delanoë 52% (- 1)
Olivier Besancenot 44% (=)
Cécile Duflot 41% (+ 5)
Marie-George Buffet 41% (+ 2) |