Mercredi 21 octobre, peu avant 8 heures du matin, Nanette quitte son domicile familial du XIe arrondissement pour se rendre au lycée Jules-Siegfried, dans le Xe, où elle prépare un BTS. Alors qu’elle emprunte sa correspondance à la gare du Nord, elle fait l’objet d’un contrôle d’identité. La lycéenne présente son passeport congolais.


Elle aurait alors été conduite à Orly, où elle aurait embarqué pour Brazzaville, au Congo. Mercredi soir, sa mère, Victoire, s’inquiète de ne pas voir la jeune fille rentrer. “A 21 h 30, j’ai averti la police, car ma fille ne rentre jamais tard sans prévenir. On m’a dit que, comme elle était majeure, il fallait attendre 48 heures”, raconte la maman. Le lendemain matin, Victoire reçoit un appel de sa fille, désemparée, qui lui dit qu’elle est au Congo. Victoire part alors à Orly et demande confirmation que sa fille a été expulsée. “Tout le monde a nié... Vendredi, à la préfecture de police de Paris, on m’a donné une tout autre version, selon laquelle ma fille avait, à sa demande, été raccompagnée.”


Contactée ce lundi, la préfecture a confirmé cette dernière version. “Nanette a fait une demande d’asile à la préfecture. Elle a obtenu un rendez-vous le 9 octobre mais ne s’y est pas présentée. Elle a également fait une démarche volontaire auprès de l’Office français de l’immigration pour bénéficier d’une aide au retour de 300 euros. Elle a décidé elle-même de partir.” Réseau éducation sans frontières, qui a contacté la jeune fille, soutient que celle-ci a bien été expulsée. “Ma fille m’appelle en larmes, elle a même menacé de se suicider. Qui partirait pour le Congo avec un sac à dos d’école sur le dos ?” souligne Victoire.