Le procureur de la république à Nice est en charge de l'enquête sur les fameux fichiers d'évadés fiscaux venus de Suisse. Alors que l'on s'interroge encore sur la manière dont l'Etat français a mis la main sur ces documents explosifs, il a accepté de nous livrer sa version des faits.

Comment avez-vous obtenu ces fichiers ?
Les Suisses nous ont contactés dans le cadre de notre accord d’entraide judiciaire pour nous demander de prendre des mesures contre le responsable informatique de la banque HSBC, localisé en France. C’est lui qui nous a remis du matériel informatique. Nous avons alors constaté un système d’évasion fiscale. Mais cela ne me concerne pas et j’ai transmis les informations au fisc. Il y avait d'autre part des éléments pouvant correspondre à du blanchiment. Le 17 juillet, j’ai ouvert une enquête préliminaire pour 'suspicion d’origine frauduleuse de fonds'.

On parle de 3000 noms…

Il y a beaucoup plus de 3000 noms sur ces listings. Et ils ne concernent pas uniquement la France! Pour l’instant, nous décryptons les systèmes informatiques. On peut d’ailleurs s’interroger sur les précautions prises par les banques suisses pour masquer les noms des titulaires des comptes. Serait-ce le signe qu’ils ont conscience de l’origine douteuse des fonds ?

C’est une affaire à l’ampleur inédite en matière de blanchiment ?
Elle est considérable. Nous sommes tombés sur un gros morceau.