La vie est, paraît-il, une question de priorités. Eric Besson, ministre de l'Immigration, semble en avoir fait sa devise. Alors que tous les regards convergent vers lui et son débat sur l'identité nationale après le net regain de forme du Front national aux élections régionales, il a préféré parler d'un autre "racisme", celui de Stéphane Guillon, qui l'a encore égratigné ce lundi matin dans une de ses chroniques sur France Inter.

Un dérapage au sujet duquel le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, a présenté "les excuses du groupe" dans une déclaration donnée au Point.fr, ce lundi.

"Peur de l'étranger"
"Je n'ai pas de regrets sur ce que j'ai cherché à faire. J'ai voulu dire ce qui nous rassemble, dire sur quelles valeurs nous allons projeter notre avenir, monter notre projet collectif", s'est justifié Eric Besson sur les ondes de la radio nationale. Pour lui, le score du FN et les dérapages au cours du débat sur l'identité nationale n'ont pas de lien. Seraient donc plutôt à mettre en cause "le vote suisse contre les minarets" et "les conséquences du match Algérie-Egypte" qui ont "impacté le débat".

D'ailleurs, s'il a bien voulu admettre que le score du FN est "important", il a surtout insisté sur le fait qu'il avait "baissé" par rapport aux régionales de 2004. "Une minorité de citoyens ont peur : peur de l'étranger, peur de la construction européenne, peur de la mondialisation, peur du progrès technique, peur de voir se disloquer l'éventuel modèle social français", s'est-il expliqué avant d'avertir que si ces débats étaient éludés, cela donnerait "le 21 avril et le non au référendum européen".

"Ouvertement raciste"
Cette mise au point a toutefois été quelque peu éclipsée par son préambule. Comme chaque matin, avant l'arrivé d'un invité, Stéphane Guillon a animé une chronique dans son style habituel, à savoir plutôt virulent. Ce lundi matin, il a donc dépeint Eric Besson en "taupe" et en "attaché de presse du Front national". Ce que le ministre, déjà victime de chroniques assassines à son encontre, n'a que très peu goûté.

"Je voudrais attirer votre attention sur la dérive qui est la sienne. La dernière chronique qu'il m'avait consacrée, je pèse mes mots, sur le supposé mariage gris qui aurait été le mien, je considère qu'elle était raciste. Venant d'une autre radio et d'un autre personnage, on aurait dit qu'elle était ouvertement raciste", s'est-il défendu. Lui qui, quelques minutes plus tard vantera les vertus du dialogue à un autre sujet, s'est tenu à cette logique jusqu'à la fin de sa réaction à la chronique : "Convenez que c'est un match très inégal, il n'y a pas de face-à-face avec Stéphane Guillon."

A voir en vidéo : la chronique de Stéphane Guillon et la réponse d'Eric Besson