C'est ce qu'on appelle plus communément, un arrangement à l'amiable. Selon un protocole d'accord, la facture des emplois fictifs présumés - entre 1992 et 1995 sous l'ère Chirac - estimée à 2,2 millions d'euros, sera remboursée aux trois quarts par les héritiers du RPR, nouvellement UMP, et pour un quart par l'ancien chef de l'Etat, Jacques Chirac, alors maire de Paris. En échange de quoi, la mairie de Paris devrait abandonner ses poursuites à l'encontre de Jacques Chirac.
Lundi, le bureau politique de l'UMP a approuvé cet accord à l'unanimité moins une voix - celle du député Louis Giscard d'Estaing, fils de l'ancien président. L'affaire devrait être réglée fin septembre ou à la mi-octobre après son vote au Conseil de Paris.
Mardi soir, la mairie de Paris, par voie de communiqué, a dit "prendre acte" de la décision, en soulignant que "cette participation de l'UMP" était "juridiquement fondée". La ville rappelle qu'au terme de son ordonnance, la juge Xavière Simeoni avait indiqué que Jacques Chirac était à l'époque "également président du RPR" et que "les faits renvoyés devant le tribunal correctionnel devaient servir ses intérêts ou ceux de son propre parti", entendre l'UMP depuis 2002. Pas une justification, mais une piqûre de rappel tout de même, alors que la transaction est présentée par les Verts comme un "déni de justice".
Au sein de la droite, ce petit arrangement fait aussi parler, à voix basse. Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des affaires sociales, soufflait la semaine dernière que "dans le cadre de la République irréprochable, il aurait été préférable que la solidarité avec Jacques Chirac se fasse par des dons des militants et pas par le financement d'un parti". Au lendemain de la révélation de cet accord par le Canard Enchaîné, le 25 août, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand - qui annoncé hier la validation du protocole - affirmait qu’il n’était pas au courant. Il invoque désormais un "devoir de solidarité" après que le chef de l'Etat a fait entendre aux responsables de sa majorité que "pour Chirac, c'est notre devoir, votre devoir de le faire. Dans une famille politique, il faut savoir être solidaire".
"Nous devons tellement tous beaucoup au président Chirac. S'il n'avait pas été là, nous serions en guerre en Irak et nous ne saurions pas comment faire pour en sortir", a renchéri le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin. Martine Aubry soutient quant à elle Bertrand Delanoë : "Il a obtenu raison", c'est désormais un "problème de répartition des sommes" entre Jacques Chirac et l'UMP. Avant de rappeler que "le procès pénal continue avec les poursuites contre ceux qui ont réalisé effectivement ces emplois fictifs".
Il continue mais sans partie civile désormais. Jacques Chirac est poursuivi des chefs de "détournements de fonds publics" et d'"abus de confiance" pour 21 emplois de complaisance présumés entre octobre 1992 et mai 1995 alors qu'il était maire de Paris.



































