Les deux plus grands pollueurs de la planète abattent leurs cartes à moins de deux semaines du sommet sur le climat à Copenhague, qui se déroule du 7 au 16 décembre. Les Etats-Unis ont ouvert le jeu mercredi en présentant un objectif de réduction de 17% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, par rapport à 2005, et de 42% d’ici à 2030. Barack Obama s’est engagé à venir le 9 décembre à Copenhague, à la veille de recevoir son Prix Nobel.

La Chine a aussitôt réagi, en annonçant la présence de son Premier ministre, Wen Jiabao, et en s’engageant à baisser son « intensité carbonique » de 40 à 45% d’ici à 2020, par rapport à 2005. Chaque point de PIB devra être produit en émettant près de deux fois moins de gaz à effets de serre. Ce premier engagement chiffré du gouvernement chinois a l’avantage de ne pas sacrifier la croissance économique d’un pays où 300 millions de personnes vivent dans l’extrême pauvreté.

Les Français pessimistes sur le sommet

« C’est une étape très significative », a réagi le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo. Concernant l’engagement américain, il a toutefois noté que les engagements des Etats-Unis se basaient sur l’année 2005. Si on se réfère à 1990, la baisse annoncée n’est que de 4%. « On est loin des 25 à 40%  en 2020 » préconisés par les scientifiques pour limiter le réchauffement à 2°C, a réagi le ministre , « mais l’engagement américain chiffré est un processus estimable ».

Ces annonces relancent les négociations alors que le pessimisme s’installait sur l’issue du sommet de Copenhague. Selon un sondage LH2 pour le site www.nouvelobs.com, 67% des Français ne croient pas que les dirigeants puissent aboutir à un accord fructueux sur le climat.