Un mardi très social. Dans le secteur automobile comme dans l'Education, la journée qui s'ouvre est placée sous le signe de la mobilisation. Dans un climat de tension exacerbée par les récents plans sociaux de grande ampleur, plusieurs syndicats ont appelé à faire grève et manifester ce mardi. Côté enseignement, une partie des instituteurs ne travailleront pas pour réclamer le report d'un an, à 2014, de la réforme des rythmes scolaires, qui prévoit le rétablissement de la semaine de quatre jours et demi.

Si le ministère prévoit que plus d'un enseignant du primaire sur 3 fera grève, le principal syndicat du secteur, le SNUipp-FSU, qui dénonce une réforme "floue" et "bricolée", annonce lui près de 60% de mobilisation. Pour tenter d'atténuer la grogne, le ministre de l'Education Vincent Peillon multiplie les déplacements, affirmant que le dialogue dispose encore de temps. Une attitude d'apaisement reprise lundi par le maire de Paris, jusqu'alors ferme sur sa volonté d'appliquer la réforme dès cette année et qui pourrait finalement l'a repousser à 2014. "La décision ne sera prise que fin mars", a précisé lundi Bertrand Delanoë sur France Info.

Un texte sur la reprise des sites rentables annoncé

Du temps, en revanche, les salariés de l'automobile n'en n'ont plus vraiment. D'ultimes négociations s’ouvrent ce mardi chez PSA et Renault. Chez le premier constructeur, les négociations portent sur le vaste plan de restructuration qui prévoit la suppression de 11.214 postes et les mesures d'accompagnement proposées aux salariés touchés. Le second est engagé dans la négociation d'un accord de compétitivité que la direction souhaite clore ce mardi. Si aucun licenciement n'est prévu ni aucune fermeture, 8.260 emplois sont tout de même menacés en France d'ici 2016. En outre, la direction de Renault a présenté des dispositions relatives au gel des salaires, l'allongement du temps de travail ou l’augmentation des sites de production.

Dans ce contexte, les salariés de Goodyear, PSA, ArcelorMittal et Sanofi, entre autres, vont manifester leur colère et leur unité devant le siège de Goodyear, le jour où doit se tenir un comité central d'entreprise sur l'avenir du site d'Amiens-Nord, menacé de fermeture. Sur ce volet social, là encore, l’exécutif joue les démineurs. François Hollande a ainsi affirmé lundi qu'un texte sur la reprise des sites rentables sera présenté au parlement. Une annonce qui répond à l'une des revendications des syndicalistes. Selon l'entourage du président, le débat aura lieu avant l'été.