Comment proposer des activités, notamment professionnelles, à des détenus, désormais dans l’obligation d’en avoir ? C’est à l’une de ces problématiques que s’est attaqué Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des prisons et des lieux de privation de libertés, qui rend ce matin son second rapport annuel d’activité.

Alors que la loi d’orientation pénitentiaire de 2009 dispose que “toute personne condamnée est tenue d’exercer au moins l’une des activités proposées par le chef d’établissement”, le rapport, rendu par Jean-Marie Delarue et ses équipes, met en lumière de sérieuses carences dans ce domaine.

“Globalement, moins d’une personne sur cinq bénéficie d’un emploi en maison d’arrêt”, note le rapport, après la visite de quinze structures l’an passé, ajoutant : “L’importante demande des personnes souhaitant travailler ne peut être satisfaite.”

Loin des objectifs légaux
“Il est clair que nous sommes loin des objectifs fixés par la loi”, explique Céline Verzeletti, de la CGT-Pénitentiaire. “Il ne s’agit pas d’occuper bêtement un détenu. Mais une activité, surtout lorsqu’elle est pro­fes­sion­nelle, est le premier pas vers une réinsertion réussie, et elle limite la récidive”.

Consciente de l’enjeu, l’administration pénitentiaire expliquait hier qu’”en dépit d’un réel effort con­senti dans ce domaine, il est difficile de convaincre des entreprises d’offrir du travail en détention”. Une situation rendue d’autant plus complexe par la crise financière qui, selon Jean-Marie Delarue, aurait fait perdre plus de 30 % du nombre d’emplois en détention l’an passé.

“Il faut ajouter que les salaires versés sont faibles”, conclut Céline Verzeletti. A titre d’exemple, deux prisonniers détenus à Béthune, chargés de regrouper des enveloppes par parquets de mille, percevaient, selon le rapport, de 1 à 2 euros brut par heure travaillée.