Contrairement à ce que les instances du MoDem avaient déclaré en décembre lors de leur congrès, fermement attachées au principe de listes autonomes partout en France pour le premier tour des régionales, en Charente-Maritime, les responsables du parti centriste ont accepté l'alliance proposée par Ségolène Royal. (lire "Ségolène Royal s'invite au congrès du MoDem")

A la main tendue de la présidente sortante du conseil régional de Poitou-Charentes, qui leur proposait cinq places éligibles sur ses listes, dont deux en Charente-Maritime, les représentants locaux du parti de François Bayrou réunis ce samedi ont répondu banco "à l'écrasante majorité" a annoncé Alexis Blanc, le président départemental du MoDem et conseiller municipal de Château d'Oléron.

Sur 66 conseillers départementaux du parti centriste, 42 étaient aujourd'hui rassemblés à Rochefort et 33 d'entre eux ont pris par au vote, dont 31 voix pour l'alliance, 2 contre et 2 abstentions.

Ce résultat sans appel marque pour Alexis Blanc le fait que ce matin, "le pragmatisme a prévalu". Si le représentant du MoDem s'est dit "centriste de coeur", il a constaté qu'à ce jour, dans la région Poitou-Charentes, son parti n'a "pas les moyens de constituer une liste autonome".

"L'excellent bilan" de Royal
Alexis Blanc s'est dit optimiste quant aux chances de voir les trois autres départements de la région suivre ce choix, selon lui "la Charente-Maritime n'est pas isolée et sécessionniste au sein de Poitou-Charentes. Les trois autres départements souhaitent accepter la main tendue".

Soulignant "l'excellent bilan" de Mme Royal, il a estimé que "ses propositions sont parfaitement en ligne" avec ce que le MoDem aimerait proposer pour la région.

Il s'est par ailleurs dit "triste de la manière dont François Bayrou (l'a) dénigré" et a déploré qu'au sein de son parti, si l'on affiche "une légère différence avec la position du chef" on soit "considéré comme un opposant ou un emmerdeur".

Elisabeth Blaizot-Delorme, la seule élue sortante du MoDem au conseil régional a quant à elle dénoncé un vote non conforme avec les statuts de son parti et a appelé Alexis Blanc à la démission.

Pour Bussereau, Royal "n'est ni bonne, ni efficace"
Dans le même temps, en campagne à Fouras, la tête de liste UMP Dominique Busserau a reproché à la présidente sortante un "bilan navrant", de n'être "ni bonne, ni efficace" et d'avoir pris des "mesures clinquantes faites pour attirer le gogo".

Faisant allusion à la possible alliance régionale entre PS et MoDem, Bussereau a dit avoir une pensée pour le parti centriste, et déclaré pour l'UMP, "nous n'avons pas besoin de traîtres qui nous rejoignent, qui quittent leur famille politique".