Les autoroutes, ça pollue. On pense d’abord au rejet de CO2 des voitures, mais il faut aussi prendre en compte les eaux usées, le morcellement des zones naturelles, le bruit… Pour limiter ces nuisances, cinq sociétés d’autoroute (Sanef, ASF, Cofiroute, Escota) ont signé cette semaine des "engagements verts", les obligeant à investir 1,023 milliard d’euros en trois ans.

Des emplois verts à la clé
En échange, le gouvernement allonge d’un an la durée des concessions. Une manière aussi de créer des emplois verts dans le cadre du plan de relance. “Toutes les routes ne sont pas à la génération environnementale, justifie le ministre de l’Environnement, Jean-Louis Borloo. L’objectif, c’est de rattraper ce retard.”

Passages et écoponts
Les chantiers les plus emblématiques sont ceux qui touchent à la biodiversité (34,6 millions d’euros). Pour constituer la “trame verte” prévue par le Grenelle, des passages sont créés sous les voies pour les petits animaux, et des écoponts pour la grande faune. Les bords de route sont aussi plantés avec des espèces locales.

Des roseaux pour filtrer l'eau
Les eaux pluviales chargées de microparticules doivent être traitées, tout comme les rejets des aires d’autoroutes. “Nous allons expérimenter des filtres à roseau à la place des fosses septiques”, explique Pierre Coppey, président de Vinci autouroutes De nombreuses aires seront rénovées pour devenir plus écolos.

Le télépéage pour économiser le CO2
Mais une grande partie du financement (266 millions d'euros) sera allouée au développement du télépéage. Un badge permettant de franchir les barrières à 30 km/h plutôt qu’à l’arrêt réduirait les émissions de CO2. Ces innovations n’auraient-elles pas pu être financées dans un autre cadre ? “Oui, mais de façon plus lente. C’est un coup d’accélérateur”, explique Daniel Bursaux, directeur général de la mer et des transports.