Des algues vertes déversées devant la permanence du député de Lamballe. C’est l’action menée samedi par une cinquantaine de représentants d’associations, très remontés contre les amendements déposés par Marc Le Fur, élu UMP des Côtes d'Armor, simplifiant les installations d’élevages porcins et avicoles industriels, directement responsables, selon eux, des marées vertes sur les plages bretonnes.

Faciliter l'installation d'élevages
L’amendement controversé vise à dispenser d’enquête publique les élevages de moins de 2 000 porcs, soit près de cinq fois le seuil actuel de 450 bêtes, pour "corriger les distorsions de concurrence" avec les autres pays d’Europe. Un autre amendement propose d’instituer un système d’accord tacite pour les extensions d’installations classées IPCE (notamment les élevages), afin de diminuer les délais administratifs.

50% de la production de porc
La Bretagne, avec seulement 7% des terres agricoles françaises, concentre 50% de l’élevage de porcs et de volailles. L’épandage des déjections animales entraîne de fortes concentrations en nitrates dans l’eau (eutrophisation) qui aboutissent à la prolifération d’algues vertes en mer. L’été dernier, un cheval était mort après avoir respiré les émanations d’hydrogène sulfuré des algues en décomposition.

Un plan algues vertes de 134 millions d'euros
La France était poursuivie depuis des années par la cour de justice européenne pour dépassement des taux de nitrates dans 37 captages en Bretagne. Mais la commission européenne a classé le dossier jeudi dernier après avoir constaté les efforts faits par la France dans ce dossier. Un vaste "plan algues vertes" de 134 millions d’euros sur cinq ans a été présenté en février dernier.

Le projet de loi sur la modernisation agricole doit être examiné à partir de mardi à l’Assemblée nationale.